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17.11.2007
I heard it through the gravewine

Crédit peinture: Gustave Caillebotte, les raboteurs de parquet, musée d'Orsay.
Il y a des traditions qui ne se perdent pas, qui gardent leur signification. Pas de barrière de classe, de milieu, le 3 ème jeudi de novembre reste le jour du Beaujolais nouveau, tout le monde s'accorde à dire que c'est de la piquette, du petit vin de table, mais tous les ans on retrouve les même rassemblés dans ma fac pour la seule soirée ouverte à tous, administration, extérieurs, éléves, profs, assistants. C'est la seule soirée vraiment conviviale où il n'y a pas de clans, on circule un verre à la main, on cherche un morceau de fromage ou de charcuterie. L'éthylisme est beaucoup moins prononcé que pour notre cocktail annuel pourtant ultra-chic, ici, on est casual.
Et cette année j'ai encore appris plein de choses, entendu pleines de révélations, à l'orée du départ de la fac cela fait maintenant 4 ans que je cotoie ma promo et j'ai été ravie de l'évolution engagée, de l'ouverture des groupes, aux nouvelles amitiés auxquelles nous n'aurions jamais crû. J'ai été également agréablement surprise de découvrir des facettes cachées à ces personnes que je pensais soulards invétérés, une passion pour l'art, pour la musique bien sûr car c'est l'atome crochu numéro un que je partage avec la plupart, mais pour la peinture aussi. Ou comment cela paraît invraisemblable de se rendre compte que des mecs "normaux" (le jeune étudiant de base qui fume, boit et qui passe en septembre) peuvent converser sur le musée Picasso, citer la merveille du musée Van Gogh d'Amsterdam ou s'exstasier pour une future visite au Prado , on a débattu sur l'académisme de Delacroix mais j'ai conclu sur Caillebotte car c'est l'expression même de mon interêt pour l'art et de ma culture qui se forme peu à peu. Un jour j'ai compris pourquoi on appelais des caillebottis caillebottis et je l'ai retrouvé à Orsay (mon musée préféré).
Parce qu'on a beau être jeunes et cons, futurs praticiens sans aucune base culturelle vraiment solide, j'ai su ce soir-là qu'il y avait de l'espoir dans la jeunesse, tout n'est pas perdu.
PS: pour ceux qui se posent la question, cette note n'a pas été écrite sous l'influence du Beaujolais. L'effet rebond c'est le lendemain, au réveil, comme on dit ça passe mal ce goût. Et ne me dites pas que c'est de la fraise.
19:53 Publié dans I call it art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Société










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