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23.04.2008

The world was a mess but his hair was perfect

Le matin de l'épreuve, mon coeur a palpité alors que chacun arrivait dans le hall. On ne faisait pas les fiers en s'installant dans la salle d'examen, la même que l'on avait quitté 2 semaines auparavant en partant en vacances, rien n'avait changé; l'odeur de la semaine était encore là, nos places étaient les mêmes. On percevait seulement une tension en plus, 6 copies à emmarger-lécher-coller, jamais on en avait eu autant d'un coup. On s'est exécutés mécaniquement, je ne me rappelle même pas du goût de la colle, plongée que j'étais dans mes pensées. A la distribution des sujets, j'étais en bradycardie, mes oreilles bourdonnaient, ma vision s'est troublée, j'ai crû que j'allais tomber mais ce n'était que passager, ne pouvant plus reculer, j'ai attaqué.

On pensait tous naïvement qu'on pousserait de grands cris de soulagement à la sortie, la réalité était tout autre, on n'est loin d'être libérés de notre derniére formalité, on a ressassé nos questions, nos réponses sont revenues par bouffées de chaleur, les divergences d'intérprétation aussi. La nuit ne sera pas salvatrice, j'ai attendu d'être trop fatiguée pour éviter de penser, d'autres se sont réveillés en sursaut revoyant par falsh leur copie au mot exact.

Je n'ai plus cette boule au ventre, je m'y empêche d'y penser mais c'est loin d'être un poids en moins, un calvaire de 3 semaines commence avant de savoir si oral ou pas oral.

J'ai horreur d'attendre une réponse, je n'ai AUCUNE patience.

21.04.2008

Eternal woman

Du son, il y en a toujours eu dans ma vie. Beaucoup d'écoutes sont cycliques, éphéméres, temporaires. Mes disques ne voyagent pas, j'ai mes albums campagne; les irréductibles achetés avant le bac et ceux de la ville, achetés depuis. Les groupes correspondants n'ont pas la même consonnance. Alors que les premiers symbolisent l'insouciance du week-end, des vacances, les seconds me rappellent la vraie vie, les études, mes patients. Chaque disque a un souvenir rapporté, plus ou moins volontaire, un cd sorti juste avant une aventure, un autre sorti pendant la rupture, le cd composé à la façon des anciennes mix tape, le cd des derniéres révisions ...

Actuellement l'écoute d'eternal woman extrait du vantage point de dEUS cristallise à lui seul tous mes sentiments du moment. C'est simple à la premiére écoute du disque, je venais de rentrer de "vacances_révisions", je me retrouvais seule dans mon 19 m2 face à mes classeurs et l'échéance qui approche, je n'ai pû m'empêcher de glisser une larme face à la beauté mélancolique de la chanson. Eternal woman symbolise ma boule au ventre, mon drôle de goût dans la bouche (à jeun ou non), goût symptomatique d'une appréhension latente, normalement temporaire à son paroxysme à la distribution des sujets, là elle dure éternellement, toujours présente, s'interrompt quand je suis au téléphone, avec les compagnons de galére, qui reprend de plus belle quand la nuit s'arrête, que le réveil sonne, que les minutes de l'heure de pause défilent sans qu'on en profite, que la conversation s'arrête.

Mon malaise a un nom, un hymne, je suis tendue comme un slip.

19.04.2008

There is a light that never goes out

 Coincée entre Vicar in a tutu et some girls are bigger than others, de loin ma meilleure chanson des Smiths, there is a light that never goes out. Pour moi cette lumiére, c'est l'espoir, the glimmer of hope. Le sourire que l'on garde quand tout va mal, l'espoir que les autres reposent sur toi quand tu vas tirer au sort les sujets de l'épreuve la plus importante de ta vie (faites que j'ai la main chanceuse) ...

 

15.04.2008

Les playboys

C'est ce qu'on appelle une semaine constructive; 8 de révisions par jour et 20 km de vélo devant un bon film.

Parmi ces films deux ont vraiment marqué mon attention, le premier culte de David Lynch; Wild at heart (Sailor & Lula), le second moins connu; la bande du drugstore. Un point commun; la bande originale fantastique, pour le Lynch se succédent Chris Isaak, et Elvis Presley dont Nicolas Cage fera une interprétation mémorable de Love me tender pour le génerique de fin. On notera que le style inquiétant du réalisateur se faisait déjà pressentir à l'époque, pour démontrer ma phrase rien de tel que regarder cette scéne où la mére de Laura Dern (Lula) se peint entiérement le visage avec son rouge à lévres.

Avec la bande du drugstore, on replonge à l'époque pré-barricades, pré-mai de l'année dont tout le monde parle, l'action se situe entre les beaux quartiers de Paris (le drugstore !!!), et les maisons de campagne en Normandie. On accompagne quatres lycéens de la jeunesse dorée de Paris. Les acteurs sont trop vieux pour être crédibles mais qu'importe la musique fait le reste. On reste accroché jusqu'au bout pour savoir si Philippe et Charlotte (Cécile Cassel) vont enfin conclure.

Difficile de choisir les meilleurs morceaux, du slow tendre avec Otis Redding ou Aretha Franklin, ou rock de Cream (alias Eric Clapton & co), the Easybeats  ou encore Sonny & Cher (vraiment jeune à l'époque).

Alors j'ai vraiment adoré ces derniéres, comme vous pourrez vous en douter (me connaissant un peu), c'est du rock, on a juste envie de swinguer ...

Premier essai marqué avec Shadows of Knight et Gloria.  Gloo-ri-a ...

Oups un slow, spécial embrasse-moi si tu peux ! Esther Phillips et son Try me.

 

 

 Re du rock qui bouge avec  the troggs et Wild thing.

Pour finir en beauté, la majestueuse chanson de Jacques Dutronc (le mari de ma chanteuse française préférée); les playboys.

12.04.2008

Don't look back in anger

"J'aurais aimé que les choses tournent autrement.

Prenez soin de vous.

X"

 

J'ai profité de mes vacances et j'ai suivi les conseils de mes magazines (Inrocks, Télérama) pour une exposition ouverte depuis quelques semaines à la bibliothéque nationale de France, celle de Sophie Calle, Prenez soin de vous. L'artiste avait déjà présenté son projet à Venise il y a quelques années et s'installe maintenant dans la salle de lecture du site Richelieu.

Le théme de l'expo me plaisait au plus haut point, une femme quittée par mail demande à 107 femmes (dont une de plumes et deux de bois !!!) de réinterpréter la lettre, elle fait appel à différentes femmes, de différents horizons sociaux, culturels, et utilise plusieurs supports différents, la photographie, la vidéo (c'était le moignon originel du projet), l'écrit. La rupture est ainsi dansée, chantée, analysée, jouée, signée.

Je retiens en particulier la celle d'une joueuse d'échecs qui parle d'un "roi noir (qui) s'est couché", le roi ne pouvant se soustraire à l'attque, ne pouvant quitter l'échiquier, le Mat est seul décideur de la fin de la partie. En résumé, il faut se battre jusqu'au bout et ne pas partir lâchement ... comme le fait le roi (l'Homme). Et aussi le point de vue d'une physicienne, qui parle de rupture fragile (élastique) qui par opposition à la rupture ductile (plastique) est inéluctable, les 2 fragments séparés ne pouvant être réunis à nouveau car devenus incompatibles.

Il y a aussi une traduction en anglais, en langage SMS (hilarant !!!), les analyses structurales par la normalienne Mazarine Pingeot, par des profs de français (pour les fautes de redites et grammaticales), par des psychanalystes, une star du X (magnifique), une juge, une commissaire de police, une enfant de 9 ans 1/2, l'avis de Macha Béranger ...

La salle de lecture était bien pleine, par des visiteurs ébahis par la qualité du travail exposé, sa richesse et variété qui poussaient au dialogue.

On pourrait disserter ici du contenu de la lettre, (j'en ai d'ailleurs recueilli un exemplaire), de sa forme, de son fond, pourquoi dit-il vous ?, pourquoi ceci, pourquoi cela ? Pour ma part, je pensais à mon experience personnelle, à mes amies, à mes séries, aux films ... On connaît tous quelqu'un qui s'est fait largué (le mot est bien choisi) par téléphone, voire pire par SMS ou (affreux) par conversation MSN. Parfois, il n'y a pas de mot du tout, pas de traces. Au moins dit Sophie Calle, "il s'est fendu d'une lettre". Mais est-il préférable de se dire les choses en face, est-ce que c'est un signe de lâcheté de rompre sans contact physique? Il n'est jamais plaisant de s'entendre dire les mots "je crois qu'on ferait mieux d'arrêter". Une rupture douce permet plus facilement un contact amical ensuite; un mail/texto/post-it ne tendant plus facilement qu'à une absence unilatérale de contact ultérieure.

Une occasion rêvée en somme pour se remémorer sa derniére rupture (l'odeur des épices marocaines des keftas maison, épices que je n'ai plus jamais employées depuis...), réinterpréter les mots, se sentir chanceuse à côté d'elle que les choses se soient passées autrement et se souvenir surtout de la phrase de conclusion positive "au moins on aura essayé".

Et vous ?

 

 

Le post-it de Burger à Carrie Bradshaw (Sex and the city)...

 

 

08.04.2008

Oracular spectacular

Je vous avait déjà parlé des Management, à l'époque je ne savais pas encore si j'acheterais l'album, il me fallait plus de matiére même si Time to pretend avait tout pour me séduire. J'attendais la sortie, puis je l'ai loupée, je vivais un peu à part avec mes exams et mes Kills à la maison. Puis je suis revenue à la réalité, j'ai découvert Kids, et là j'ai compris que la première chose en rentrant en ville sera de me jeter sur mon disquaire et de lui acheter Oracular spectacular. La puissance de ce morceau égale de loin tout ce que j'ai pû écouter avant, jusqu'à quand vous allez me dire, c'est tout simplement la chanson que je choisirais si je devais n'en prendre qu'une avec moi sur une île déserte.  Oui la première devant Dream on d'Aérosmith et Space Oddity de David Bowie, c'est dire son impact sur mon organisme.

Le reste de l'album n'est pas aussi éléctrorock que Kids, on passe volontiers à des pauses plus calmes, comme une mer plate après le passage d'une grosse vague (The youth, Of moons, birds & monsters ; the handshake), toujours accompagné de mélodies bien placées, de paroles intelligibles qui les placent entre de la pop simple (mais ce serait trop facile) et du rock expérimental, de la nu-rave plus poussée que celle des anglais des Klaxons, moins taillée pour les dance floors et plus adaptée en musique d'ambiance. Je pense à Blonde Redhead ou à Portishead (en moins éléctronique d'accord ).

Pour un premier album, se démarquer autant et créer autant d'effets est une véritable prouesse, mais totalement méritée au vu de la qualité.

Et pour vous faire saliver, le clip tribute de youtube au groupe pour Kids. Et si vous voulez vous éclairez sur la signification exacte des paroles subversives de Time to pretend (we'll choke in our vomit, and that will be the end !), qui dénoncent en fait le rock & roll dream version Pete Doherty, c'est par ici.

 

Update: Oracular Spectacular n'est pas encore dans les bacs, il sort le 28 avril, je me disais bien que je n'aurais pas pû manqué sa sortie. Time to pretend fait une excellente chanson de fin de saison pour Skins (qui cloture en même temps ses 2 ans de travail avec ses acteurs en les renouvelant pour la saison 3).

06.04.2008

The beginning of the twist

La sortie la plus attendue de la semaine, le nouvel opus de R.E.M, Accelerate, avec ce Supernatural superserious, encore un tube en puissance qui va nous hanter longtemps ... au moins jusqu'à Rock en Seine fin Août où ils seront présents.

 

 

Retour en fanfare pour Beth Gibbons et Portishead, pour un 3 éme album qui sort au printemps, Third qui fait suite à 10 longues années de "silence". On retrouve ce son caractéristique, la puissance de la voix douce de Beth, le clavier torturé derriére, une atmosphére si particuliére qui fait tant de bien à écouter. Machine gun est le premier single, comme promis il est envoûtant.

 

Quand deux jeunes surdoués de la scéne pop anglaise s'allient, ça donne The last shadow puppets, aka Alex Turner (des Arctic Monkeys) et Miles Kane (des Rascals). Leur premier single est the age of the understatement, dont le clip tourné en Russie nous redonne envie de fouler la terre soviétique symbolisée en quelques plans ici par la place rouge de Moscou, une patineuse, une église othodoxe et des soldats qui chantent en coeur et surtout le froid (de canard). Les tanks ne figurent ici que par simple envie d'Alex Turner, qui trouvait ça "cool", t'as raison Alex "ça envoie grave".

L'autre retour de ce printemps, les soeurs Kim (des Pixies) et Kelley Dean des Breeders reviennent avec l'album Mountain Battles. Ici une mise en matiére alléchante (vous avez vu ce gros gâteau ?) avec Bang on, court mais efficace.

Et last but not least, la chanson qui m'a trotté dans la tête toute la matinée du jeudi (pas pratique de se concenter pour un exam dans des conditions pareilles), the beginning of the twist des futureheads, impossible de résister à cette guitare, à ce refrain, vous êtes encore assis ?

05.04.2008

Teenage angst

La télé d'aujourd'hui est peuplée de séries en tout genre destinées aux ménagéres ou aux plus jeunes, plus souvent trés nulles et sans interêt. Il y a mes séries d'adultes, les vraies que je vénére mais malheureusement cloturées; les magnifique six feet under et colossale sopranos, qui ont laissé un vide incommensurable.

Quelle fut ma joie quand j'ai découvert Skins sur canal ! Je n'ai pas pû m'empêcher de regarder le suite des épisodes sur internet tellement j'étais accro. Pas de déjà-vu, une petite ressemblance avec Shameless, rien à voir avec les questionnements métaphysiques de Dawson et ses amis, ici on est à Bristol, Angleterre, les personnages aux traits un peu forcés semblent tout droit sortis d'un roman de Zadie Smith (surtout White teeth), un bon salad bowl joué par des acteurs adolescents, encore en mutation, une anorexique vraiment malade en réalité, un nerd avec tous les stigmates d'un ado d'aujourd'hui, un rappeur, la bimbo anglaise (véridique), le play boy des cours de récré ...

On y croit et on accroche vite, quand je vois des jeunes anglais en goguette dans les rues de ma ville je les identifie à eux, idem pour mes anciennes observations irlandaises.

Je suis long de l'adolescence que je regarde d'un regard amusé, mais j'apprécie la qualité de cette série dont chaque épisode est centrée sur un personnage, le fond musical colle avec la réalité, le look vestimentaire aussi.

On est loin de retrouver une telle représentation de nos lycéens sur le petit écran, on le regrette, il y en a tant de choses à dire, tant de vérités à dévoiler.

 

 

01.04.2008

J'entends siffler le train

 

 

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J'ai vu un petit bijou de film ce week-end, mon film pré-examens (un classique anti-stress), il débute par un court métrage Hôtel chevalier, fait à part mais qu'on devine aisément trés lié au film lui-même dès le commencement. On retrouve Jason Schwartzman dans une suite chic, il doit être là depuis un moment, car le premier mouvement de caméra indique des piles de livres entassés ça et là, il a aussi sa propre stéréo, son ex débarque bientôt sans prévenir, on découvre une Nathalie Portman magnifique, sublime en femme du monde, toute classieuse avec son cure-dent. On apprend qu'une femme aussi belle peut porter des chaussettes blanches sous ses bottes (halte aux bas nylons), une petite culotte en dentelle. Quant aux mots échangés sur le balcon, on n'en saura rien, un mystére à la lost in translation...

Ensuite défile un vrai générique de fin et commence le long métrage Darjeeling limited. Wes Anderson nous présente alors 3 fréres qui ne se sont pas vus depuis les funérailles de leur pére, réunis pour un voyage à portée spirituelle (visites de temples et  cérémonies au programme). Les 3 fréres sont 3 grands garçons plus ou moins bien dans leur peau, avec des problèmes de communication et de relation à autrui, l'aîné a tenté de se tuer en moto d'où les bandelettes, c'est Owen Wilson, le second va avoir un enfant mais ne sait pas comment gérer la situation, c'est Adrien Brody, le cadet Jason Schwartzman a du mal à terminer son histoire avec son ex (et se trimballe toujours pieds nus).

Il ne faut pas s'attendre à un documentaire détaillé sur l'inde, on ne voyage ici que partiellement, uniquement à bord du train darjeeling limited (seul train indien qui part à l'heure à en croire les occupants étrangers qui lui courent sans arrêt aprés), on note tout de même quelques réferences culturelles pour marquer l'exotisme, le train tout d'abord et ses décorations à fresque d'éléphants, son personnel et la citronnelle (sweet lime), les rues bondées à circulation difficile, les chauffeurs de taxi coiffés d'un turban et d'une longue barbe blanche, les vaches sacrées à préserver sur le chemin, les marchés-bazar et le commerce de serpents venimeux ... 

Revenons en à nos protagonistes, ces 3 fréres qui sont réunis par l'aîné comme pour fuire la vie, les plus jeunes ne sachant pas à quoi s'attendre du voyage, les retrouvailles sont plus ou moins joyeuses, vite tempérées quand le naturel reprend le dessus, l'aîné veut tout régenter,empruntant aux passages les tics de la mère absentes, ils feront des pactes enfantins, les briseront plus ou moins, ils ne seront vraiment liés que face à l'adversité une fois que le périple prendra une autre tournure que celle désirée au départ.

On note une trés bonne utilisation des ralentis, déjà dans hotêl chevalier (avec Nathalie Portman attendant fesses à l'air près de la stéréo, dévoilant un buste trés côtélé) et ensuite au moment d'un rite funéraire, où les 3 personnages défilent avec ce mouvement qui leur donne grâce et importance et qui rajoute au tableau une émotion palpable.

Certains s'offusqueront de l'omniprésence des bagages hérités du paternel, siglés de ses initiales JLW, ces sacs créént néanmoins une running joke permanente ( à la maniére du mini van dans little miss sunshine), ils demandent une logistique conséquente pour les transporter.

La fin est parfaite, les jeunes se débarassent enfin du passé, acceptent l'orphelinage (la mort du père en larguant les bagages pour rattraper le train et l'abandon de la mère) pour peut-être enfin grandir par eux-mêmes; on ne sait pas si ils se parlent toujours mais on l'espère. 

 

 

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