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06.06.2008

The kids aren't alright

Il y a des petites victoires qui font plus plaisir que d'autres. Une fois dépassé le stade du "je veux me faire un maximum d'argent", on comprend vite que le principal attrait du boulot d'un dentiste c'est d'être compétent, perfectionniste et aimable. Après une diffusion le week-end dernier d'un navet de série Z (entendez un film d'horreur vieux et underground, avec des dialogues dignes des films pornos), le fameux "Le Dentiste" qui stigmatise cette obsession de la carie dentaire chez un praticien cocufié par sa femme avec le nettoyeur de la piscine, la patientéle va prendre cher, la seule patiente qui aura un salut a tout compris "je vous jure que je me brosserais les dents 3 fois par jour, je ne mangerais pas de sucreries ". Même si ce film est très méconnu (à juste titre), on trouve bien des vérités sur la peur du dentiste, un mal nécessaire ?

Bref, revenons à la patience qui devrait tous nous caractériser nous qui faisons trembler les enfants le mercredi. La premiére fois qu'on soigne un enfant, on ne pense qu'à une chose ne pas le traumatiser (si les parents n'ont pas déjà fait ce travail, les c******), ne pas faire mal, s'arrêter quand l'enfant bouge, crie. Après on change vite de technique, on ne transige pas, le petit veut toujours négocier, refuse l'anesthésie et le soin, se roule en boule, pleure. Au début, on a peur, on appelle à l'aide le prof. Au final, on devient intransigeante, au premier faux mouvement, on prévient l'enfant, "tu as le chois, soit ça se passe bien, soit ça se passe mal, dans tous les cas je ferais ce que j'ai à faire", si il obtempére, on continue, sinon on appelle du renfort ou on change de box.

Oui un box comme pour les chevaux, ou le bonheur de travailler en open-space, un enfant qui pleure, c'est un enfant qui excite tout le service, donc on s'enferme dans une piéce fermée pour ne plus entendre les cris. On appelle 1 ou 2 collégues, un pour tenir les jambes, l'autre pour tenir la tête. On peut passer pour des monstres mais il faut voir le manque de coopération de ses enfants que la simple peur transforme en furie, souvent la preuve d'une lacune dans l'éducation par les parents qui cédent au caprice (d'ailleurs les parents restent dans la salle d'attente, condition sine qua none, sinon c'est pire).

Mardi matin en urgences, j'ai encore eu le droit à une petite de 5 ans très sage, bien sous tous rapports, mais une fois le soin à commencer qui s'est mise à crier, la mére rigolait, lui tenait la tête pour la faire taire, je me suis dite de toute façon elle crie déjà, ça ne pourra pas être pire (imaginez une alarme), donc j'ai fait mon anesthésie et arraché la dent sans prévenir. Elle m'avouera quelques secondes plus tard, que non elle n'avait pas mal, mais oui elle avait peur.

Revenons à la furie du box fermé, un jour, où j'aidais une amie, le gamin sur lequel je m'étais assise, m'a littéralement éjectée du siége (soit un bond de plus de 50 cm), comme quoi l'énervement provoque une force phénoménale. C'est pourquoi on shoote nos enfants, avec des sirops tranquillisants (atarax pour ceux qui connaissent), une dose non mortelle mais suffisante pour les calmer, parfois ça ne marche pas (et la gosse se met à chialer dans le couloir à la seule vue du fauteuil et des collégues te disent "bon courage !!!").

 Alors quand ta gamine arrive (shootée certes) et te dit "aujourd'hui je ne pleure pas", que tu arrives à l'anesthesier sans personne pour la tenir, que par tes simples paroles, elle ouvre la bouche et obéit, non seulement tu es sidérée mais en plus tu la félicites, c'est une grande victoire, là tu sens que tu maîtrises.

Commentaires

Mes gosses se brosseront les dents dès qu'il en auront, mais j'imagine que tu seras là pour leur répèter.
Si tu leur montre la brosse géante et les grosses dents, ils auront pas peur ;)

Ecrit par : Cha | 06.06.2008

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