30.08.2008
We are your friends (Justice remix)
Il y a certaines traditions estivales, comme celle-ci traîner son bronzage porte de Saint Cloud au festival Rock en Seine. Cette année pour la 1ere fois en 4 ans, la soeur est parisienne, donc nous faisons notre entrée à la parisienne, par la ligne 10 du métro, exit le périph, l'escapade en voiture, le sandwich sur le parking ... Nous découvrons un autre décor, celui de la face jeune du festival, des ados encore en vacances, tous habillés pareil (ça s'appelle la mode), faisant semblant de révolutionner le monde en écoutant du rock.
Comme cette année je prévois mais ne prépare rien à l'avance, j'ai découvert la programmation finale en arrivant sur le site. Au passage, les concerts de Fortune, Louis XIV, Brooklyn, Jamie Lidell que je n'ai pas apprécié plus que ça. Le gros arrivait comme d'habitude en fin d'aprem, Kate Nash avec un son trop léger pour nous émoustiller, montant en puissance progressivement mais pas assez pour me donner envie d'acheter son album, The raconteurs avec un Jack White fidèle à lui-même, dans sa vieille verve classic rock, nous réveillant avec Steady as goes, s'apercevant surement qu'on la préfére avec Meg (remarquez là au moins il peut porter du noir).
Entre un smoothie et un concert, une petite visite s'imposait au Rock folio de l'année, celui de Youri Lenquette, autour de personnalités rock. Comme on se refait pas mes préférées vont pour la photo de mes 2 groupes-couples Jack et Meg White des White Stripes et VV et Hotel des Kills.


Arrive 21h, on a quitté les Raconteurs pour rejoindre Justice qui tarde ... un peu beaucoup, la rumeur bruit, Amy ne vient pas, ils épongent le retard. Finalement ils arriveront 40 min plus tard, mettant le feu à la pelouse sur laquelle il fait désormais nuit. Ils se feront vite pardonner, enchainant un set très éclairé, auquel je ne verrais quasiment rien (trop de gens devant moi) sauf dans les écrans d'appareils numériques. De D.A.N.C.E on passera à D.V.N.O puis au stress et enfin au plus attendu We are your friends, la reprise de Simian sans qui ils ne seraient pas là, remixée pour l'occasion avec Atlantis to Interzone des Klaxons. A la toute fin, nous apprenons que sur la grande scène the Streets remplace Amy Winehouse, confirmant son forfait de dernière minute, je suis déçue mais contente. Déception parce que pas de grandes découvertes comme les années passées (The subways, Housse de racket, Bat for lashes ...), surtout dû au fait que je n'étais là qu'un jour (trop court pour se mettre dans l'ambiance et se déconnecter de la rentrée), contente car satisfaite du dernier concert, n'attendant pas fébrilement Amy comme d'autres, je sais juste désormais que je n'acheterais pas ses disques.

Cette année, pas de pluie, pas de boue ou d'espace Glastonbury, pas de tour au rock-chiottes, pas d'envie de churros, pas d'embouteillages à la sortie (mais des arrachages de pancartes publicitaires), la rentrée n'arrive pas en fin de week-end, elle est déjà consommée... Un brin de nostalgie pour ce festival qui a fait beaucoup pour moi, 3 ans après je me rends compte que la musique ne compte plus tant que ça, que c'est un compagnon mais pas ma vie (ça doit être surement aussi beaucoup influencé par ma période post-disquaire).
Un cercle se ferme. Il y a 3 ans quelques semaines après la fin des échos des Pixies, j'entendais 3 de mes camarades de promo entonner un slogan de guerre "We are ... your friends", 'identifierais alors cet air un et demi plus tard à la radio, et 1 an et demi après, je le chanterais devant Justice, la boucle est bouclée.
Nouveau chapitre ...
17:03 Publié dans Karaoke soul | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, rock en seine
23.08.2008
Television rules the nation
Personne ne me croyait au début du séjour quand je leur annoncais qu'on rentrait dans un loft. Que forcement, vivre dans un 36 pieds pendant une semaine serait une expérience humaine. C'est vrai que je regarde trop la télé et que j'adore les émissions de télé-réalité, que Secret Story en fait, car elle me rappelle ce loft alors que je passais mon bac de français. On a beau dire tout ce qu'on veut, critiquer ces instants de non-sens, d'ennuis filmés, sans interêt, mais j'y vois une grande opportunité d'étude sociologique, savoir comment se comporter avec de parfaits inconnus, s'imposer ou non, se faire aimer ou détester, tester ses limites, un vrai concentré de vie.
Celui qui a déjà été coupé du monde en compagnie d'inconnus sait de quoi je veux parler. Des rapprochements rapides, des amitiés qui naissent, des moments de joie et d'autres de doute où finalement on oublie qu'il y a un monde extérieur, que les Autres (la famille, les amis) existent. On entre dans un cocon et c'est la sortie finalement la plus dure.
On se demande comment en si peu de temps, on a réussi à s'attacher à ces êtres, limite on ne sait plus comment on va vivre sans. La vérité, à la sortie après une phase de déprime plus ou moins grande, tu finis par continuer à vivre parce qu'ils n'ont aucune place dans ton quotidien.
Généralement le déchirement à la sortie est plus dû à cette nostalgie accompagnant la fin des vacances, pointé par la fin de la vie en groupe et le retour à la vie normale. Finalement ça ne devrait pas être dur d'apprendre à ne plus faire la vaisselle, la cuisine pour 8, de ne pas attendre pour prendre sa douche.
J'avais demandé à mon premier mono UCPA comment il faisait pour se détacher de ses stagiaires, il m'avait expliqué qu'à la fin, on arrivait à faire la part des choses, à distinguer le boulot et la vie personnelle, un peu comme les soignants et leurs patients, garder l'empathie tout en ne s'impliquant pas sentimentalement. Un peu comme de l'auto-protection.
Au fil des années, j'ai réussi à gérer de mieux en mieux ces adieux. J'ai remarqué que c'est toujours plus facile quand on arrive tôt le matin (tout le monde est alors tellement crevé qu'on a juste envie de dormir), que le groupe n'était pas si bien que ça (le soulagement !). On apprend à ne pas tout donner mais laisser des portes ouvertes pour la suite (voir la séance d'échanges des adresses le dernier soir).
Ils ne m'avaient pas cru. A l'aéroport, on aurait pensé qu'on avait été un mois ensemble alors que c'était qu'une semaine. Personne ne voulait partir. Ils repartaient tous vers Paris, j'allais dans l'autre sens. A un moment, il faut se décider, ma mère a klaxonné, ça a donné le signal, on a promis d'essayer de se voir, je sais ce que ça signifie mais j'ai continué à sourire comme si de rien n'était. De dire au revoir alors que c'est adieu.
Finalement ce qui me manquait le plus ce n'était pas eux, mais le voilier. Et jamais je n'aurais réussi la séparation si il n'y avait pas eu cette nuit blanche où nous avons enterré la vie en mer comme de vrais marins, me faisant passer à autre chose, au futur.
10:56 Publié dans Where is my mind | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.08.2008
Fire on the mountain
Imagine que tu es sur le pont d'un voilier, l'ipod aux oreilles, Kids qui résonne, la mer devant, le soleil en face, moins de 20 personnes au kilomètre, pourtant une chose te chagrine.
Alors que tu avais éteint ton portable pour te déconnecter de la réalité, (par un moment d'absence,) tu le rallumes, et tombe sur un sms envoyé la veille, de ton copain te signalant après une semaine de silence qu'il voulait rester célibataire un moment. Tu attends le retour des filles, heureusement ce soir-là on se change tous les idées au resto.
You can't hurry love passe en fond entre La isla bonita et I want to break free. Il y a un message codé que tu ne veux pas déchiffrer.
Malgré le conseil de la partie féminine de l'équipage, tu préféres donner une 2 ème chance au nouvel ex pour ne pas être seule en automne. Plus tard, tu verras Broken English, le génerique de Scratch massive sera l'écho de ce que tu ressentais à ce moment, un nouvel échec. Tu ne penses pas qu'à toi, mais à ton amie la smug-to-be-married, à son air de déception, son "qu'est-ce qu'on va faire de toi ?" perçant sa pensée pour atteindre tes oreilles.
Bref, tu est sur le pont, on te demande si ça va, "tu n'y penses pas, j'espére?", "profite de tes vacances". Pour la 4 éme fois de l'année, tu entreprends de renoncer aux hommes et de devenir nonne.
Le jour le plus long s'apprête à prendre fin, on doit être au port pour 17h, on y sera jamais, personne ne veut faire sa valise (trop déprimant), chacun fera sa valise, personne ne veut quitter la barre, chacun rangera son coin.
Nous rentrons au port pour la dernière fois, tu es encore la seule à avoir des chaussures de voile aux pieds (tu es aussi la seule à avoir oublié tes tongs donc tu n'as pas trop le choix), tu attends aussiére à la main prête à sauter sur le ponton pour amarrer le bateau.
Et là (si c'est pas le destin), tu te retrouves nez à nez avec un ange blond (pourtant tu n'aimes pas les blonds), te souriant (mais elle va la lancer cette corde ?), tu tournes la tête un peu plus loin (tu es curieuse), un autre voilier est à quai, avec à son bord que des hommes (jeunes)mignons et bronzés.
Tu es la seule fille sur le pont, tu rentres le ventre, réajuste ton maillot de bain et sourit, les autres lavent l'intérieur, tu leur fait part de la nouvelle, on te prend pour une folle.
Plus tard, en sortant de la douche, tu attendras sur le ponton que les hommes finissent sagement de laver le pont (maintenant que tu es habillée, tu ne peux plus risquer de te faire tremper). L'ange blond sort de son navire (l'ange ne vole pas, il vogue), on décide de passer la fin de soirée ensemble, il prend ton numéro, tu promets de garder ton portable allumé pour qu'il te retrouve après le repas.
Le repas se termine, il sait où tu es, mais n'y est toujours pas. On se bat pour comprendre l'addition. La tête blonde arrive. La moitié de l'équipage nous suit au bar, qui fermera bientôt, rescindage du groupe, on reste 3 filles avec l'ange et l'équipage complet de l'autre voilier, départ en boîte.
La musique est affreuse (du hip-hop croate), mais le sourire de l'ange en vaut bien la peine, tu ne le quitteras pas jusqu'à rentrer au port.
Il est presque 5h, trop tard pour aller dormir. 5h15 le réveil sonne, il faut réveiller le bateau, on t'en empêches. Tu regagnes le carré sur la pointe des pieds ,le capitaine dort encore, qu'il n'ouvre pas l'oeil. Les douches sont vides, bientôt le silence sera occulté par les voix des premiers stagiaires levés.
Tu siffles Fire on the mountain, sans savoir d'où cet air te vient.
L'ange t'attend, le soleil se lève sur Zadar, fin de la nuit, départ pour le transfert pour l'aéroport, tu rejoins les tiens.
L'avion, l'heure du choix, partager un dernier moment avec ton équipage ou avec le blond. De toute façon, tout le monde va dormir, tu rejoins le blond, tu ne le quitteras qu'aux bagages.
Dans une vie rêvée, il habiterais Paris et pas à l'autre bout de la France, il aurait un boulot normal et ne voyagerai pas autant. Mais tu as fait le choix de te laisser vivre et de voir pour une fois ce que ça va donner. Tu vas apprendre la patience. Comme Fanny de Pagnol, tu vas attendre au port. Vogue, vogue, la galère ...
17:10 Publié dans We are all made of stars | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.08.2008
Sunrise, sunset



A priori les clichés de paysages favoris restent les couchers de soleil. Je me rappelle de la frénésie de la petite ville de Oia sur l'île de Santorin vers les 19 h, des rues bondées de touristes armés de leur appareil photo ou de leurs portables se pressant pour gagner un point de vue en hauteur, escaladant les murets, voire grimpant sur les toîts plats des maisons blanchies à la chaux. Tout ça pour un spectacle d'une dizaine de minutes.
Finalement le soleil se lève et se couche tout les jours dans toutes les contrées (ou presque), pourquoi ce moment reste-t'il si particulier, tant prisé par les photographes ? Pour la lumière, ces couleurs magnifiques, un camaieu de rose et d'orange, qui rend l'instant si romantique, surtout face à la mer, où l'image se reflète obtenant une symétrie quasi parfaite. Là où quelques minutes plus tôt, le paysage pouvait n'avoir rien de spectaculaire, il se retrouve doté d'une grande beauté pour finir ensuite plongé dans le noir quasi complet en l'absence d'écalairages parasites.
Mais il y a une séquence encore plus belle qu'un coucher de soleil, son lever. Réservé aux couche-très tard ou aux gens très du matin, observer un lever est très rare. J'en ai vu des lendemains de finale de coupe du monde reprenant la route à l'aube, éclairant la nationale, j'ai loupé le lever sur le terminal 3 il y a 2 semaines (j'étais alors au comptoir d'enregistrement). Pour rien au monde, je n'aurais raté le lever de mon dernier jour en mer en Croatie.

On était arrivés tard au port la veille, amarrés à la place du ferry de 6h qui comme son nom l'indique reviendrait à 6h le lendemain, nous obligeant à partir en mer plus tôt. Au coucher, le chef de bord avec qui je partageais le carré me dira " à toute à l'heure". On se réveillera tous plus tôt que l'heure prévue, énervant le capitaine, larguant les amarres dès 5h30 face au soleil levant. Quittant le port, on s'arrêtera en pleine mer pour déjeuner, l'équipage tombera ensuite de sommeil, nous obligeant à utiliser pour la 1ére fois le pilote automatique.
Sans le savoir, le jour le plus long venait de commencer. On mitraillera en tout cas ce ciel orange-grenadine comme le bien nommé tequila sunrise.


16:14 Publié dans Where is my mind | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vacances, voyage, voile









