12.04.2008
Don't look back in anger

"J'aurais aimé que les choses tournent autrement.
Prenez soin de vous.
X"
J'ai profité de mes vacances et j'ai suivi les conseils de mes magazines (Inrocks, Télérama) pour une exposition ouverte depuis quelques semaines à la bibliothéque nationale de France, celle de Sophie Calle, Prenez soin de vous. L'artiste avait déjà présenté son projet à Venise il y a quelques années et s'installe maintenant dans la salle de lecture du site Richelieu.
Le théme de l'expo me plaisait au plus haut point, une femme quittée par mail demande à 107 femmes (dont une de plumes et deux de bois !!!) de réinterpréter la lettre, elle fait appel à différentes femmes, de différents horizons sociaux, culturels, et utilise plusieurs supports différents, la photographie, la vidéo (c'était le moignon originel du projet), l'écrit. La rupture est ainsi dansée, chantée, analysée, jouée, signée.
Je retiens en particulier la celle d'une joueuse d'échecs qui parle d'un "roi noir (qui) s'est couché", le roi ne pouvant se soustraire à l'attque, ne pouvant quitter l'échiquier, le Mat est seul décideur de la fin de la partie. En résumé, il faut se battre jusqu'au bout et ne pas partir lâchement ... comme le fait le roi (l'Homme). Et aussi le point de vue d'une physicienne, qui parle de rupture fragile (élastique) qui par opposition à la rupture ductile (plastique) est inéluctable, les 2 fragments séparés ne pouvant être réunis à nouveau car devenus incompatibles.
Il y a aussi une traduction en anglais, en langage SMS (hilarant !!!), les analyses structurales par la normalienne Mazarine Pingeot, par des profs de français (pour les fautes de redites et grammaticales), par des psychanalystes, une star du X (magnifique), une juge, une commissaire de police, une enfant de 9 ans 1/2, l'avis de Macha Béranger ...
La salle de lecture était bien pleine, par des visiteurs ébahis par la qualité du travail exposé, sa richesse et variété qui poussaient au dialogue.
On pourrait disserter ici du contenu de la lettre, (j'en ai d'ailleurs recueilli un exemplaire), de sa forme, de son fond, pourquoi dit-il vous ?, pourquoi ceci, pourquoi cela ? Pour ma part, je pensais à mon experience personnelle, à mes amies, à mes séries, aux films ... On connaît tous quelqu'un qui s'est fait largué (le mot est bien choisi) par téléphone, voire pire par SMS ou (affreux) par conversation MSN. Parfois, il n'y a pas de mot du tout, pas de traces. Au moins dit Sophie Calle, "il s'est fendu d'une lettre". Mais est-il préférable de se dire les choses en face, est-ce que c'est un signe de lâcheté de rompre sans contact physique? Il n'est jamais plaisant de s'entendre dire les mots "je crois qu'on ferait mieux d'arrêter". Une rupture douce permet plus facilement un contact amical ensuite; un mail/texto/post-it ne tendant plus facilement qu'à une absence unilatérale de contact ultérieure.
Une occasion rêvée en somme pour se remémorer sa derniére rupture (l'odeur des épices marocaines des keftas maison, épices que je n'ai plus jamais employées depuis...), réinterpréter les mots, se sentir chanceuse à côté d'elle que les choses se soient passées autrement et se souvenir surtout de la phrase de conclusion positive "au moins on aura essayé".
Et vous ?
18:43 Publié dans I call it art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : art, sophie calle, actualités, amour, rupture
26.11.2007
These new puritans

Crédit oeuvre: Edouard Manet; musée d'Orsay.
Rien à voir avec le mouvement des Clean Teen aux Etats-Unis, ces adolescents qui prônent l'abstinence sexuelle mais en France, je vois bien le clivage entre 2 générations de filles, la mienne et celle des nouvelles bachelières.
A mon époque, pas de lolitas, strings et autres joyeusetés, on était habillées à la cool, jean-sergio tacchini, j'étais une des rares en talons, aujourd'hui c'est la foire à la mini-pute, maquillée en journée comme pour aller en boîte, en tenue des plus inconfortables et provocantes, nous on se planquait, elles elles s'assument. La différence est aussi sexuelle, nous sommes la dernière grande génération de romantiques, qui attendait le grand amour, le bon, pour sauter le pas, elles se lancent dans l'aventure sans filets parce que les copines l'ont déjà fait, qu'elles ont 15 ans et que c'est déjà trop tard. C'est la génération m'as tu vu, où tout n'est qu'une escalade de défis, rites d'initiation pour intégrer un groupe. On fume pour faire comme X, on fait l'amour pour être normale.
Bon, vous vous doutez, qu'à presque 23 ans, le prince charmant je l'ai oublié depuis un bail mais il reste des pures et dures, le premier sera la dernier, la première fois ce sera la jour de mon mariage, je veux attendre qu'il dise je t'aime. La romantique persiste, elle a raison, on n'aligne pas les mecs pour faire joli, on veut du qualitatif pas du quantitatif.
Puis viennent les remords parce que les années passent, qu'elles ont presque 25 ans et que quand elle veut leur dire, le mec va se demander si elles n'ont pas un problème. Simone de Beauvoir en parlait dans le deuxième sexe, tome 1, la virginité est soit signe de pureté, la fille se reserve pour son mari, soit elle est signe de problème comme dans ces sociétés où les filles sont dépucelés au bâton de bois au plus jeune âge. Mais comme dans Casanova, on peut s'en mordre les doigts, l'exemple même de la fille qui se donne parce qu'elle croit avoir trouvé l'homme de sa vie, mais qui se fait larguer comme un poisson pourri, la question après " mais qui va bien vouloir m'épouser ?".
Reste que le changement des tendances n'est pas en faveur de la romantique, qui se sent donc rejetée comme anormale voire tarée,mais comme toujours la normalité est subjective.
09:50 Publié dans I call it art | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Société, art
01.11.2007
La vie en rose
Les non-fans de musique que j'aime seront contents, je leur repose les oreilles pour la bonne cause. C'est le mois de novembre, les campagnes de lutte contre le cancer du sein fleurissent à la même vitesse que les feuilles tombent des arbres. J'en ai sélectionné une que j'ai vu passer sur la toile, une initiative sympa d'une marque de portable qui propose d'envoyer des photos de soi, pour chaque photo la marque s'engage à verser 5 euros, donc plus on poste plus ils paient (sachant qu'on a le droit de valider 9 photos maximun soit 45 euros de leur poche). Je trouve ça intéressant d'utiliser les fonds d'une entreprise qui marche bien pour une telle cause, j'espére qu'ils recommenceront pour le VIH.
Si vous êtes intéréssés; suivez le lien.

Et comme je ne savais pas où la caser et qu'on est le jour des morts, pour vous la toilette de la morte de Gustave Courbet.
15:54 Publié dans We are all made of stars | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Art, Courbet, cancer du sein
19.10.2007
Have you ever been to electric Ladyland?

Crédit oeuvre: Gustave Courbet
Depuis samedi s'est ouvert une exposition au grand palais pour Gustave Courbet et les discussions fusaient sur ce tableau, l'origine du monde, qui avait bien sûr choqué à l'époque mais qui trouble encore les esprits de nos jours. Ce n'est pas à mon sens sa plus belle peinture, j'adore son enterrement à Ormans mais c'est de loin la plus sulfureuse et celle qui marque les mémoires.
Alors je vais jouer au jeu de "à quoi je pense" quand je vois ce tableau ...
Tout d'abord, je l'ai longtemps confondu avec une autre toile exposée à Orsay encore plus réaliste et encore plus intime ,elle interpelle plus par sa dimension plus anatomique qu'érotique, un petit cadre et un sexe féminin dessiné (ou peint). Elle me rappelle un de ces épisodes de sex and the city et ce peintre qui ne peignait plus que des femmes vues sous ce détail et une amie qui m'avait demandé "c'est quoi? ".
Ensuite, la réaction d'une femme, pourquoi la tête et les bras de la femme sont ils coupés ? Une symbolisation pour la phrase fétiche de Simone de Beauvoir, la femme est un trou ? Sachant que le tableau est une commande personnelle, l'absence de visage, permet au propriétaire une liberté totale d'imagination , du porno avant l'heure peut-être. Est-ce un portrait avant ou après l'amour? Avant, sûrement, elle a l'air d'apprendre, mais pour cela il faudrait encore voir l'expression su son visage.
Je pense aussi à quelque chose de drôle, cet homme interrogé sur france inter, qui reporte avoir déjà vu sa femme sous cette angle, cette dernière ayant accouché de 3 enfants. Si cet homme croit que c'était le seul moyen d'avoir cette vue, c'est triste, sa vie sexuelle ne me regarde pas mais quand même, l'exploration complète des sens de sa femme, c'est pas son rayon. Remarquez c'est aussi triste chez une femme, de ne s'être jamais vue, un manque cruel de curiosité.
Reste que l'origine du monde n'est pas le tableau le plus choquant au monde, pour cela il faudrait avoir vu les dessins de Egon Schiele pour comparer, quand les traits sont moches, on ne pense plus à la beauté d'une oeuvre mais à la laideur et la crudité du contenu ( érotique ou non).
08:35 Publié dans I call it art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Art, peinture, Gustave Courbet
28.07.2007
The dandy warhol's

Nudes with beach ball
Estate of Roy Lichtenstein New York , ADAGP Paris (2007)
Il y a prés d'un mois que s'est ouverte à la pinacothéque, l'exposition Roy Lichtenstein: évolution. Moi, à la base le pop art je connais pas trop, je connaissais Warhol bien sûr, d'abord pour ses boîtes de conserves et autres, mais il est vrai que là je partais un peu vers l'inconnu. Apparement une de ses oeuvres apparaît dans le génerique de Desperate housewives, ça a un peu motivé la visite.
Je n'ai pas été déçue, grande fan des couleurs pop, j'ai été servie. On commence par un film sans nom qui donne vite le mal de mer, puis on attaque les oeuvres magiques moteur intégré, où le paysage se meut, je découvre le rowlux sur Ocean motion, à ne pas rater. Entre on comprend que le garçon aime bien les collages, mieux que moi avec ses feuilles découpées et son ruban adhésif double face (l'accessoire indispensable de l'artiste), il crée toute sortes de natures mortes ou de portraits. On retrouve quelques points communs, le manque de perspective, ces pointillés réguliers comme des tâches d'impression, ce trait noir épais qui délimite les formes/visages.
A côté de chaque oeuvre, on retrouve son commencement, l'inspiration initiale (BD, pub, ...)et le croquis de base, le cheminement de la création en somme. Roy rend ainsi hommage à Monet avec se waters lilies, à Picasso avec son collage for still life with Picasso, l'influence majeure restant la bande dessinée, chaque portrait de femme étant issu d'une vignette à l'origine dans des publications à destination plutôt féminine. Les nus seraient inspirés de Matisse, les paysages de Van Gogh ou Cézanne.
J'aime bien la fraîcheur qui en ressort , ces traits qui transpirent la gaité et la joie de vivre. Tout à l'air parfait dans le petit monde de Roy Lichtenstein, même ses scénes de ruptures semblent sortir tout droit d'un roman photo.
Quoi qu'il en soit, c'est une expo à voir, d'urgence non, les piéces les plus célébres n'y sont pas, mais intéressant pour s'initier au pop art, peut être une rétrospective plus complète sur le sujet serait mieux ?

Collage for seductive girl
Estate of Roy Lichtenstein New York , ADAGP Paris (2007)
19:05 Publié dans I call it art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Culture, pop art, art, Roy Lichtenstein
16.01.2007
The show must go on

Crédit peinture ; Fundacion Joan Miro
Personne ne peut nier qu'on est rentrés dans la campagne présidentielle, la candidate PS a été investie calmement il y a plusieurs semaines et dimanche c'était le tour du candidat ump, il aurait adoré bourrer le stade de France, il s'est contenté du parc des expos.
Enfin bref, en ces temps de campagne, je vous présente mon affiche à moi, homme et femme devant une pile d'excrément. Parce qu'en France, on préfére baser sa campagne sur des égos demesurés ou pas, sur des combats de basse-cour, en oubliant le plus important, nous en gros (symbolisé par le tas d'éxcrément, pas mal la métaphore).
13:30 Publié dans I call it art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Culture, art, politique, Miro
15.01.2007
I call it art
Barcelone c'est l'art avant tout. Comme Vienne ou Florence. Là-bas c'est un savant mélange entre le quartier ancien gothique,et l'art nouveau .
On a débuté par le musée Picasso qui se trouve dans une rue très sympa au coeur du quartier de la Ribeira. La queue est un peu longue, nous ne sommes pas les seules à vouloir entrer dans l'antre de l'artiste. Malheureusement, j'ai été déçue, seule l'exposition temporaire sur arlequin m'a interpellée. A l'image d'autres peintres, Picasso a eu des débuts très classiques, académiques ,un aspect auquel on ne s'attend pas et qui étonne. C'était sa période mangeurs de pomme de terre (cf Van Gogh), sauf qu'elle dure longtemps et s'étale sur beaucoup de salles, seule le période rose et bleue m'ont au final interessée et c'est dommage.
A noter une constante de la présence des pigeons comme chez Miro.

Le lendemain rendez-vous sur la colline de Montjuic (qui abrite le stade et le village olympique) pour visiter la fondation Joan Miro. Nous sommes acceillis par une sculpture très marrante, et on découvre avec joie l'oeuvre de Miro, très abstrait, incomprèhensible pour une novice comme-moi mais tellement beau et égayant. D'autant que Miro développe son art sur toutes les structures possibles, à voir surtout l'immense tapisserie murale représentant un oiseau.
A l'extérieur, on rencontre également des sculptures très modernes.

Mais l'incontournable reste l'architecte Gaudi, son oeuvre a jalonné la ville et ne passe pas inaperçue. Les façades des maisons du passeig de Gracia, une rue de l'Eixample ,exposent sa conception farfelue et atypique de l'architecture, pas d'angle, tout en rondeur. On admire ces étonnantes cheminées en haut de la Casa Milà (ou Pedrera) comme dans l'auberge espagnole.

On reste sans voix devant la Casa Balto, une autre des demeures qui siège sur le passeig de Gracia, juste à côté de la casa Amalter. Elles furent responsables de la manzana de la discorde (pomme de la discorde en reference à la guerre de Troie, Paris, les 3 déesses et tout ça), Gaudi fût en effet très critiqué dans son art par ses contemporains qui n'appréciaient pas son modernisme.

Mais l'incontournable de la ville reste le projet final de Gaudi, son infinissable temple expiatoire de la Sagrada Familia. Une queue moins grande que pour rentrer à la basilique Saint Pierre de Rome, mais un pélerinage obligé pour les amoureux d'art. La Sagrada est toujours en construction, certains prédisent qu'elle ne sera jamais achevée, d'autres voient le bout du tunnel pour 2040, chaque année une association organise un sagradaton pour récolter des fonds (Gaudi à l'époque ne désirait que des dons à l'église et pas de subventions exteriéures).
Le monument est impressionnant, très en décalage avec les bâtiments du voisinage plus récents (le quartier de l'Eixample était alors en pleine effervescence). Guadi souhaitait une cathédrale gothique, ce n'est pas au goût de tout le monde. La visite des flèches révéle bien des surprises, en effet après une petite ascension en ascenseur on continue par des marches infinies, on se perd dans un dédale (en fait les 4 tours sont reliéees). A l'intérieur, on prend bien conscience de cette construction pas comme les autres( les " pignons" qui coiffent les tours en sont l'exemple). Rien que pour voir l'avancement des travaux cela donne une bonne raison pour revenir.

11:45 Publié dans I call it art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Culture, Barcelone, art, Gaudi









