02.11.2008

Soy infeliz

Il y a certaines chansons que l'on doit éviter quand on déprime, comme tout le répértoire de Joy Division par exemple. Certains films font le même effet du moins au commencement.

Almodovar frappe fort à l'ouverture de Femmes au bord de la crise de nerfs. Une chose qui ne m'avait pas frappé la première fois que j'avais vu le film. Là les paroles chantées par Lola Beltran sont éloquentes, un écho parfait de ce que je ressentais au moment où je voyais les images.

En résumé, Carmen Maura vient de se faire plaquer par son amoureux, elle pleure sur son lit en attendant que le téléphone sonne, l'histoire de nos vies ... Forcement il appelle pas (c'est un homme), il doit récupérer ses affaires mais ne veut pas la croiser. En une journée, elle qui voulait être tranquille dans son immense appartement de Madrid, elle doit s'occuper de d'autres problèmes. Et c'est là que le film devient moins déprimant, le soir elle se couchera plus légère parce qu'elle a tourné la page plus ou moins.

Dans la vraie vie bien sûr, ça ne se passe pas comme ça, des semaines après on en est encore à ruminer. En plus on garde tout pour soi, car à un moment les amis sont saturés (et on les comprend), et au travail pas question de s'exposer, on doit continuer à sourire comme si de rien n'était, à répondre "ça va" au quarante personnes qui vous le demandent. Il reste que la pose déjeuner et encore elle dure 30 minutes quand tu as le temps. Vendredi avec une autre mujere al borde de un ataque de nervios, nous discutions de ça, de notre célibat sans fin, du connard qui cache le connard suivant (pardon aux mecs bien mais je n'en ai pas rencontré), du fait qu'on voulait réussir notre vie sentimentale et professionnelle, mais que c'est surement notre vie professionnelle qui serait plus réussie. De se dire qu'est ce qu'on a fait pour mériter ça ? Almodovar y répondrait très bien, j'en suis sure. Cette amie racontait ses déboires à une prof qui lui ajoutait, que pour un homme c'était dur d'assumer une fille belle et intelligente. En définitive, on a beau être là, assise à ressasser le passé cela ne sert à rien, sinon à envenimer la situation.

Et comme il faut bien faire quelque chose pour oublier, on se noie dans le travail et chez les amis, en gardant ce masque impassible, le vernis craque parfois, on perd plus le contrôle qu'avant, ne gardant pas son sang-froid dans les situations qui l'imposent (comme la patiente que l'on a envie de boxer). De toute façon quand on est déprimée, on devient déprimante et ça énerve les gens.

Je suis malheureuse mais il n'y a que Dieu et moi qui le savent. Et vous.

 

Why does my heart feel so bad? Why does my soul feel so bad?