08.02.2009

Clocks

Brad Pitt as Benjamin Button and Cate Blanchett as Daisy in "The Curious Case of Benjamin Button."

C'est l'adaptation du roman de Fitzgerald, le scénario idéal pour un film à oscar livré sur un plateau d'argent à David Fincher et aux intérprétes principaux Cate Blanchett et Brad Pitt.

Comme tout bon film à récompenses, les ingrédients sont savamment introduits; la narration longue comme un fleuve, ennuyeuse comme la pluie, les reconstitutions d'époque, les scénes tire-larmes qui n'évoquent pas d'émotion tellement elles sont attendues et trop magistrales...

Je n'ai pas aimé le début, trop long, trop inutile, cette histoire d'horloge qui tourne à l'envers, dont on nous explique pas le lien avec Benjamin Button justement qui grandit à l'envers. J'ai vraiment commencé à apprécier quand Benjamin est grand, qu'il sort de sa taniére et qu'il part en mer, là on se dit que ça devient intéressant, qu'il vit une aventure et le récit prend plus de proportions. Il remonte la vie à contre courant, fait ses expériences dans le désordre de son horloge biologique et se fait accepter.

Tout reste un classique hollywoodien, la nouveauté restant le changement opéré par le visage de Benjamin Button, dont les traits sont de plus en plus ceux de Brad, on ne devine pas quand il apparaît (plus quand il disparaît, ça en devient même effrayant surtout pour Cate). Cate reste très théatrale dans son jeu avec sa posture grave comme si la sagesse l'avait touchée avant l'âge, touchée par la grâce d'une danseuse, rôle qui lui colle à merveille par sa figure athlétique.

Mon moment préféré reste le passage "Twist and shout" du nom de la chanson des Beatles en bande son pendant la séquence. Benjamin et sa chérie se retrouve presque au même âge, à mi-parcours, l'instant rêvé et idéal pour enfin vivre leur amour au grand jour, être sur la même longueur d'onde, avoir les même attentes et même envies, tout en sachant que rien ne dure.

Après la suite on la devine dés le début du film, on sait que ce qui est lu provient du journal de Benjamin donc qu'il n'est plus là . Reste à savoir comment il va mourir et c'est là que je n'ai pas compris. Pourquoi devrait-t'il mourir en bébé alors qu'il est né en bébé. Si à la naissance avec son apparence de vieillard avec les 2 pieds dans la tombe il est un nourisson, il devrait finir en taille adulte (et pas en format réduit) dans la condition physique d'un enfant. Peut être est-ce dû à la réadaptation du roman dans lequel il naissait vieux et grand (cette transposition étant trop invraisemblable pour quiquonque connaît l'embryogénése). A ce que je sache, on ne réduit pas de taille à la mort. L'angoisse, sinon, vous imaginez !

Je peux comprendre pourquoi tant de gens ont adoré, mais j'aime le changement, les surprises, les sentiments qui nous prennent aux tripes, les épopées pleines de passion, de vie... C'est loin d'être le film de l'année. Slumdog millionaire mérite beaucoup mieux ce titre.

31.01.2009

O... Saya

 

Je ne connais pas l'Inde, les seuls images que j'en connaisse proviennent des photos de film (Darjeeling limited), ou d'amis ayant fait un périple. Je sais qu'il y a des bidonvilles, mais je ne mesurais pas leur taille. Je suis un peu familarisée mais sans plus avec le style Bollywood (assez pour connaître l'acteur le plus connu là-bas). Autant dire qu'en allant voir Slumdog millionnaire, le dernier film de Danny Boyle je plongeais dans un univers quasi-inconnu.

Dès le commencement, on sait que Jamal a participé au Qui veut devenir un millionaire ? indien, on sait aussi qu'il s'est fait arrêté pour fraude. On le rencontre dans une salle d'interrogatoire, affairés que sont les policiers de lui faire avouer, comment un être issu des bidonvilles de Bombay a pû trouver les réponses aux questions, c'est à dire comment a-t'il fraudé ?

Et c'est là que le film devient intéressant, par ce procédé de faire de l'utilisation des flash-backs qui auraient été ennuyeux à la longue dans n'importe quel autre film, pour nous retracer sa vie, son parcours, et donc sa connaissance des réponses données.

Sans tomber dans le misérabilisme (genre Oliver Twist), on est ému par les 3 enfants que l'on suit Jamal, son grand frére Salim et une fille Latika, qui après des étapes pas faciles de la vie, décident de s'unir et faire front ensemble, auxquels succédent 3 adolescents déjà marqués par la vie et dont traits de personnalité resteront tels quels jusqu'à l'âge adulte, le frére caïd, Jamal doux et désintéréssé, et Latika qui devient une femme avec les menaces que ça comporte pour elle.

Le film dure bien deux heures mais ce sont 2 heures de bonheur pour les yeux, d'émotion, de frisson parfois, on est sensible à cette injustice face à l'enfant des rues, qui n'a jamais le droit au respect sauf de touristes étasuniens, qui toute sa vie doit se battre pour exister en tant qu'être humain.

J'avais oublié de dire que la B.O est superbe, colle parfaitement aux sentiments rencontrés avec surtout les chansons de MIA (O...SAYA magnifique, Paper Planes du dernier album). On est loin des clichés formatés Bollywood mais c'est la sonorité bruyante qu'on donne à l'Inde.

Un trés trés beau film avec un final comme on les aime.

 

 

24.01.2009

Boring lifestyles

Kate et Léo sont dans un bateau. Le bateau coule, qu'est qui reste ?

Jack et Rose sont devenus Frank et April. On assiste à leur rencontre puis élipse jusqu'à presque une décennie après. Pendant, un temps l'existence des enfants est effacée, puis on les rencontre inopinément en ouvrant la porte.

April est femme au foyer comme beaucoup d'autres de son époque, lui est employé dans un métier qu'il n'aime pas, une maison tranquille Revolutionary Road, un nom prometteur au moment de l'achat, pour des êtres qui se trouvaient spéciaux et au dessus de la norme.

Comme on dit, il y a des lendemains qui chantent et d'autres qui déchantent. April en a marre de sa petite existence de banlieue polie, et rêve d'une vie pleine de vie et d'aventures comme elle l'imaginait en rencontrant Frank. Elle élabore leur évasion de leur petite existence morne. Et on assiste alors au déchirement du couple, aux questionnements ...

Comme dirait une amie, elle n'est pas née au bon siécle. Elle s'est laissée enfermée dans un rôle qui ne lui convenait pas alors qu'elle rêvait toujours d'ailleurs. April est une coquille vide, qui crie sans qu'aucun son ne sorte, Aidez-moi!!!

On ne peut pas dire que ce soit un film à aller voir en amoureux, assister au délitement d'un couple qui s'est aimé et qui s'est laissé emprisonner par la routine, ça peut arriver à tout le monde, avec une copine tu ressors avec l'envie plus que franche de boire pour te remonter le moral. A l'image de Two Lovers, c'est tellement réaliste que ça en devient effrayant.

Comme si on voyait la Vicky de Woody Allen, la brune, des années plus tard, que seraient t'ils devenus ?

La vie comme un un long fleuve tranquille ... et là c'est le drame.

A voir. Sans se dire que l'on est différents, que cela ne nous arrivera jamais. Parce que c'est la vie tout simplement.

 

14.12.2008

CIA man

On se demande comment ces 2 mondes pouvaient se rencontrer. D'un côté, les hommes de la CIA et leurs amis aux métiers très respectés. De l'autre, des êtres à l'existence pas très passionnante qui travaillent dans un club de sport Hardbodies.

On est dans Burn After Reading, un film des fréres Coen, qui nous avaient déjà offert cette année, un vrai thriller de psychopathe vraiment terrifiant (No country for old men). Se téléscope les vies de John Malkovich, agent de la CIA qui se fait licencier pour alcoolisme, sa femme Tilda Swinton qui le trompe avec George Clooney, Brad Pitt un fou furieux du sport, Frances McDormand une dépressive qui ne pense qu'à changer de corps et rencarde des inconnus dans des parcs.

 

Un cd contenant des informations personnelles appartenant à John Malkovich est retrouvé dans les vestiaires du club de sport. Et c'est là que l'intrigue commence, les 2 dingues (Brad et Frances) attirés par cet objet, essaient d'en tirer profit. L'un pour le fun, l'autre y voyant une opportunité de se payer ses opérations de chirurgie esthétique. On assiste alors à de vrais moments de comédie, des imbruglios,des situations cocasses et vraiment drôles (rien à voir avec Agathe Cléry).

C'est léger, décalé, vraiment intéressant, un petit bijou de fin d'année.

23.11.2008

Cavalleria Rusticana

http://blogues.cyberpresse.ca/moncinema/lussier/wp-content/uploads/2008/05/two-lovers.jpg

J'ai été voir Two Lovers, le nouveau film de James Gray, le dernier de Phoenix paraît-t'il aussi.

Bref, scène d'ouverture qui donne bien le ton du film, tout de suite on est plongés dans la pénombre, dans le noir, dans la tristesse, la détresse. Tout le contraire de la fabuleuse scène de La nuit nous appartient, le précédent. Là, on sent le sordide. Un homme saute d'une balustrade et plonge dans la mer, apparement il n'a pas envie de mourir, juste de se révéiller, puisque il remonte à la surface et rentre chez lui après qu'on l'ai sauvé de la noyade. Lui, c'est Joaquin Phoenix, paumé, habitant encore chez ses parents, atteint d'un trouble bipolaire, l'empêchant d'avoir une vie équilibrée sans l'aide de médicaments. Ses parents lui présentent une fille, la fille de leurs meilleurs amis. On sent bien qu'il n'en n'a rien à faire, il n'a pas oublié son ex-fiancée, ne pense pas à l'avenir, se laisse vivre. Puis il tombe sur sa voisine, blonde, Gywneth Paltrow. Tout de suite, elle le fascine, mais elle a une vie compliquée elle aussi, dont un amoureux déjà marié. Comme il faut bien qu'il s'occupe de son côté, il sort avec la brune, Vinessa Shaw. C'est ce qu'on appelle un triangle amoureux. En gros, personne n'aime la personne qui l'aime.

C'est d'un triste, c'est vrai, on est loin du palpitant de We own the night. On ne reconnaît pas New York, tant mieux dans un sens. Malgré un scénario qui tombe sous le sens, on n'arrive jamais aux clichés. Il ne se passe rien, mais l'on ne s'ennuie pas. On veut secouer le Joaquim, lui dire d'ouvrir les yeux, ne pas se laisser marcher dessus. Mais ça ne marche pas, sinon il n'y aurait pas de film.

On était 4, les avis étaient partagés à la fin, un conseil ne pas y aller avec quelqu'un qui n'aime pas les drames, il risquerait de vous détester.

La scène de fin est magnifique. Pas par ce qui y arrive, ça c'est à vous de le découvrir, mais pour sa justesse et son émotion.

Un très beau film, troublant mais pas déprimant, à ne pas laisser entre toutes les mains.

 

http://blogs.amctv.com/shootout/Gwyneth%20Paltrow%20and%20Joaquin%20Phoenix%20in%20James%20Grays%20TWO%20LOVERS%20-%20Photo%20Credit%20John%20Clifford.jpg

 

02.11.2008

Soy infeliz

Il y a certaines chansons que l'on doit éviter quand on déprime, comme tout le répértoire de Joy Division par exemple. Certains films font le même effet du moins au commencement.

Almodovar frappe fort à l'ouverture de Femmes au bord de la crise de nerfs. Une chose qui ne m'avait pas frappé la première fois que j'avais vu le film. Là les paroles chantées par Lola Beltran sont éloquentes, un écho parfait de ce que je ressentais au moment où je voyais les images.

En résumé, Carmen Maura vient de se faire plaquer par son amoureux, elle pleure sur son lit en attendant que le téléphone sonne, l'histoire de nos vies ... Forcement il appelle pas (c'est un homme), il doit récupérer ses affaires mais ne veut pas la croiser. En une journée, elle qui voulait être tranquille dans son immense appartement de Madrid, elle doit s'occuper de d'autres problèmes. Et c'est là que le film devient moins déprimant, le soir elle se couchera plus légère parce qu'elle a tourné la page plus ou moins.

Dans la vraie vie bien sûr, ça ne se passe pas comme ça, des semaines après on en est encore à ruminer. En plus on garde tout pour soi, car à un moment les amis sont saturés (et on les comprend), et au travail pas question de s'exposer, on doit continuer à sourire comme si de rien n'était, à répondre "ça va" au quarante personnes qui vous le demandent. Il reste que la pose déjeuner et encore elle dure 30 minutes quand tu as le temps. Vendredi avec une autre mujere al borde de un ataque de nervios, nous discutions de ça, de notre célibat sans fin, du connard qui cache le connard suivant (pardon aux mecs bien mais je n'en ai pas rencontré), du fait qu'on voulait réussir notre vie sentimentale et professionnelle, mais que c'est surement notre vie professionnelle qui serait plus réussie. De se dire qu'est ce qu'on a fait pour mériter ça ? Almodovar y répondrait très bien, j'en suis sure. Cette amie racontait ses déboires à une prof qui lui ajoutait, que pour un homme c'était dur d'assumer une fille belle et intelligente. En définitive, on a beau être là, assise à ressasser le passé cela ne sert à rien, sinon à envenimer la situation.

Et comme il faut bien faire quelque chose pour oublier, on se noie dans le travail et chez les amis, en gardant ce masque impassible, le vernis craque parfois, on perd plus le contrôle qu'avant, ne gardant pas son sang-froid dans les situations qui l'imposent (comme la patiente que l'on a envie de boxer). De toute façon quand on est déprimée, on devient déprimante et ça énerve les gens.

Je suis malheureuse mais il n'y a que Dieu et moi qui le savent. Et vous.

 

Why does my heart feel so bad? Why does my soul feel so bad?

 

01.11.2008

Another way to die

 

C'est devenu une habitude, un réflexe, comme en primaire quand on faisait la sortie ciné annuelle pour le nouveau Disney, on va voir en pélerinage le "nouveau" James Bond. La ville se divise entre ceux qui vont au match et ceux qui se dirigent dans le multiplex pour admirer le nouvel opus. Déçue par la série avec Pierce Brosnan, je redécouvre Bond sous les couleurs de Daniel Craig, un über-sexuel revendiqué, brut mais sensible.

Mais comme toujours, ce que j'aime le plus, c'est avant le film, l'excitation de la salle sombre et les trailers qui passent. Comme avant Casino Royale, on a droit au générique du prochain jeu vidéo Gears of war 2, de quoi arracher quelques larmes à ceux qui s'en tamponnent avec la musique de Devotchka et how it ends, de quoi faire découvrir la chanson à ceux qui dormaient il y a un an quand elle passait.

Passe aussi un générique plutôt particulier avant un film d'action, celui des ailes pourpres, un docu sur les flamants roses, accompagné encore une fois par une BO très très belle, la voix me faisait penser à Anthony Hegarty (d'Antony and the Johnsons) ou encore à Patrick Watson (se rappeler de son déchirant Close to paradise), mais c'est en fait the cinematic orchestra, à écouter d'urgence.

Finalement, le film commence, Quantum of solace qu'il s'appelle. Course poursuite habituelle, frontiére franco-italienne, tunnel archi connu, Aston Martin bousillée en peu de temps ... Le générique on l'entendait depuis quelque temps, il est signé Jack White et Alicia Keys, Another way to die, un son très White stripes que quelques mauvaises langues qualifient de très bof. Juste une chanson marketée pour coller à l'esprit grosse pointure de 007, beaucoup d'effets mais franchement on ne vous auraient pas dit que c'était ça vous n'auriez pas plus apprécié ?

James se gare à Sienne et la visite culturelle commence. Ceux qui ne connaissent pas la Toscane et encore moins la tradition locale auront du mal à saisir l'enjeu de la scène. On se trouve en effet pendant les fêtes bisannuelles, le Palio qui font s'opposer les différentse contrades de la ville pour des joûtes médiévales à cheval, elles prennent place au pied du Duomo sur la Place del Campo. La ferveur locale face à la course des jockeys se mélange en contraste avec la scène de poursuite de James et celui qui a tenté de tuer sa "mére".

On voyage toujours avec James, après l'Italie, petit arrêt en Autriche à Bregenz, pour Tosca, mise en scène splendide pour le réalisateur avec le dialogue high-tech entre les conspirateurs cachés parmi les spectateurs.

Et comme il faut un peu de géopolitique pour faire genre, on part en Bolivie, où les Etats-Unis sont toujours prêtes à tout pour quelques dollars de plus, comme se frayer avec des putchistes et des verreux en tout genre.

Peu de sexe au final, un apéro qui finit noyé dans du pétrole (clin d'oeil paraît t'l à Goldfinger), James est triste, il veut venger Vesper qu'il aime encore, il n'en dort pas, et trouve en sa comparse son pendant féminin elle-aussi animée par la vengeance. Des personnages tristes et froids malgré toute la sensualité qui transpire. Voir la merveilleuse phrase de la James Bond girl qui a peur parce qu'elle est humaine et fragile, terrifiée, pleurant, jamais on avait vu une Bond girl aussi tétanisée face à la mort, aussi réelle finalement.

En somme, c'est surement un éniéme film d'action de plus, avec des cascades invraisemblables mais une bonne sortie entre copains pour réunir les sentimentales qui adorent Woody Allen et ceux qui s'endorment devant.

25.10.2008

The letter

 

http://accel23.mettre-put-idata.over-blog.com/0/46/61/92/octobre-2007/paranoid-park.jpg

 

J'ai enfin vu le Paranoid Park de Gus Van Sant,ce film qui cloture la triologie sur les parcours troublés/troublants de jeunes ados/adultes. Mise à part le fait que comme dans les précédents, on assiste impuissants aux événements, que rien ne se régle, que tout n'est qu'un jeu de flottement où les personnages semblent déambuler sans que personne ne devine leur mal-être car c'est bien ça leur point commun, on y trouve une fin plus heureuse, où peut-être les démons seront détruits, les nuits moins hantées et un futur possible.

Si dans Last Days et Elephant, la cloture réside dans la mort même que se donnent les principaux protagonistes, dans Paranoid Park, la mort s'infiltre dès le début sans que le héros l'ai choisi. Son désir n'est que d'aller au Skatepark de l'eastside de Portland, endroit mal famé rebaptisé Paranoid Park par la communauté de skateurs. On ne voit pas tout de suite ce qui s'y passe et comment, on perçoit d'abord ce malaise qui l'envahit, puis on comprend pourquoi sa vie est perturbée, pourquoi tout d'un coup ses problèmes ne sont plus les problèmes d'un ado normal, pourquoi il s'en fiche d'avoir une copine et de coucher avec alors que c'est considéré comme un privilége par ses amis.

Finalement une personne voit tout ça dans son regard et essaie de l'aider, elle ne veut pas qu'il lui raconte mais lui propose une alternative pour se débarasser du poids de la culpabilité, écrire une lettre adressée à la personne qu'il a blessé ou à un autre, lui envoyer, ou la brûler.

On a perdu l'habitude des lettres, celles qu'on mettait des heures à écrire, mais je trouve que c'est le meilleur moyen pour évacuer ce que l'on a dire mais que l'on n'arrive pas à dire, parce que les mots ont trop d'importance ou que dans ce cas ils sortent de l'esprit pour devenir réels.

Mine de rien sans le savoir, j'appliquais son conseil. Comme d'autres qui écrivent des lettres à des personnes disparues, je note ce que j'aurais envie de dire à ceux qui me manquent, juste histoire de résister à l'envie de leur envoyer un mail ou un sms. Si tu reviens, j'annule tout. Lol.

11.10.2008

Entre dos aguas

Il y a des films qu'on ne loupe pas. Longtemps que je n'avais pas traîné mes jambes dans ma salle de ciné favorie. On a choisi un soir de semaine pour voir le nouveau Woody Allen, en VO of course, dans une salle pleine à craquer des étudiants de sup de co de la ville et leur étudiants erasmus espagnols, l'ambiance était là.

Le film commence, le ton est donné, on reconnaît la narration version Woody Allen, sa patte mais le décor est différent, fini New York et Londres, on se retrouve à Barcelone. Le sujet est simple : l'amour. L'une l'a trouvé, doit l'épouser en rentrant des vacances d'été, l'autre le cherche encore, ne sait pas ce qu'elle veut mais sait ce qu'elle ne veut pas. La première est Vicky, la brune, froide et réfléchie, la seconde est Cristina, blonde et pleine de vie. Elles rencontrent Juan Antonio, l'ibére sexuel joué par Javier Bardem et là c'est le drame ... Non pas de drame mais une parenthèse amoureuse comme on en rêve lorsqu'on est en vacances à l'étranger. Le cliché du bel homme, artiste, plein de passions qu'on oppose au fiancé ennuyeux et terne de New York.

Progressivement la touche Allen se dissout et on a l'impression d'être chez Almodovar, moins de cynisme et de morale que les films précédents, une légéreté dûe surement au climat catalan mais un thème maîtrisé. Bardem hypnotisant, Pénélope Cruz dans son meilleur rôle après Volver.

La tension sexuelle est palpable pendant tout le film, des corps qui s'attirent comme des aimants, mais des esprits qui résistent, du désir à l'état pur, des scènes de sexe qui ne montrent pas grand chose mais qui donnent vraiment envie, un vrai magnétisme entre les acteurs qui explique surement ce résultat.

Vicky Cristina Barcelona - Penélope Cruz, Javier Bardem et Scarlett Johansson

On en revient à la question du feeling sexuel. Qu'une personne peut avoir un pouvoir tel qui boulverse ton existence, rien que par sa présence, sa culture, son magnétisme. Que l'on peut avoir envie de faire certaines choses avec certaines personnes et pas avec d'autres et que cela ne s'explique pas, qu'on tente des expériences, que l'on se laisse porter par la passion en se brûlant parfois les ailes. Le fiancé de Vicky, la brune coincée, qui changera au fur et à mesure de cap, représente à lui seul cet esprit narrow-minded, que l'amour n'a qu'un seul sexe, que tout rentre dans des cases, que si tu est impulsive et frivole c'est que tu te cherches et que tu caches un problème non réglé, que le mariage est l'avenir de l'Homme, que si tu couches avec une fille tu deviens automatiquement bisexuelle (alors qu'on aime une personne et pas un sexe).

Il y aura peut-être une morale finalement à tout ça, aux amours de vacances qui ne s'oublient jamais, à ces nuits d'étés qui changent ta vie, au couple sécurisant qui devient un corset etouffant quand le vernis craque, que l'on peut aimer mais ne pas pouvoir vivre avec une personne, que l'amour c'est compliqué.

Love is noise, love is pain, love is bruise i'm feeling again...

 

14.06.2008

La vida tombola

Kusturica ne s'est pas trompé, en faisant de Maradona un éniéme sujet de film, il ne s'égare pas. Le documentaire est certes très décousu, je n'apprendrais que dans So Foot qu'il a suivi l'argentin 2 ans avant de pouvoir l'interviewer, d'où ce garage sordide, apparement trop content d'avoir pû le faire parler après quelques biéres, il en profite pour le questionner. Au programme, on revoit bien sûr ses plus beaux buts pour la séléction argentine, dont la fameuse main de Dieu (sujet d'un véritable culte) qui a fait gagner en quart finale de Coupe du Monde 1986 (au Mexique) face à l'Angleterre 4 ans après la défaite dans la guerre des Malouines. Au passage, on révise quelques enjeux géopolitiques, son engagement pour Fidel Castro, contre Bush, pour une Amérique du Sud unie avec Chavez et Morales. Pas d'explications sur la frénésie rencontrée à Naples, il s'agirait du jubilé de Ferrara, un joueur de Naples ? En fait il y a toujours eu cette rivalité Nord/Sud en Italie, les clubs du Nord ayant de l'argent (la Juve, la roma, La lazio, l'inter et Milan ...) toujours vainqueurs, face à des clubs du Sud qui ne poussent pas loin en série A, Maradona aurait changé la donne à son époque, marquant les esprits, en offrant au SSC Napoli cette victoire face à l'arrogance, la révolte des pauvres ...

On voit beaucoup ses filles dont j'ai oublié le nom, et sa femme Claudia, brune à ses débuts, puis vite devenue blonde, (avec cette tendance Donatella Versace), Claudia l'a soutenue dans toutes ses épreuves, surtout la drogue. Un long sujet qu'il évoque entre 2 camions, la blonde en arriére plan, il reconnait ses errances, regrette d'avoir raté l'enfance de ses filles, d'avoir été là mais sans rien voir, de s'être pris des claques sans rien sentir, d'avoir touché le fond avec son overdose. Le discours classique d'un ex-cocaïnomane, qui lui donne ce côté rock-star-je-reviens-de-loin. Dans la séquence émotion, on reverra parallélement ses excuses au peuple argentin, "on peut faire des erreurs mais le football ne doit pas payer, j'ai fait des erreurs et j'ai payé, le ballon ne se salit pas". L'épisode FC Séville est balayé, sujet trop délicat, période de déclin, trop de mauvais souvenirs.

Tout au long du docu, Diego Armando grossit, maigrit, prend de la barbe, on se sait plus trop où on en est, où il en est, reste ces petits extraits de l'Eglise Mardonienne pour réchauffer les esprits (à voir absolument), Maradona est un dieu vivant, sa bio est devenu la bible de ce culte, lors des célébrations (sur un terrain de foot), la bénédiction se fait par dessus le ballon, tout un programme.

Au passage, on revoit (trop) ce fameux but de la main de Dieu, ad lib, l'amie qui m'accompagnait n'en pouvait plus, mais qu'est qu'on a ri pour le reste !

J'ai adoré la conclusion, sur cette rencontre avec Manu Chao dans les rues de Naples tournant le clip de La vida tombola (la chanson nous est resté dans la tête).

Par bonheur, j'ai retrouvé la fameuse chanson de la mano de dios, très populaire en Argentine, que Maradona chante dans le film, magnifico.

 

olé olé olé olé
Diego, Diego
olé olé olé olé
Diego, Diego
olé olé olé olé
Diego, Diego
olé olé olé olé
Diego, Diego
olé olé olé olé
diego diego

Y todo el pueblo cantó
Marado, Marado
la doce fue quien coreó
Marado, Marado
su sueño tenía una estrella
llena de gol y gambeta
y todo el pueblo cantó
Marado, Marado
nació la mano de Dios
Marado, Marado
sembró alegría en el pueblo
regó de gloria este suelo
regó de gloria este suelo
rego de gloria

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