01.04.2008

J'entends siffler le train

 

 

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J'ai vu un petit bijou de film ce week-end, mon film pré-examens (un classique anti-stress), il débute par un court métrage Hôtel chevalier, fait à part mais qu'on devine aisément trés lié au film lui-même dès le commencement. On retrouve Jason Schwartzman dans une suite chic, il doit être là depuis un moment, car le premier mouvement de caméra indique des piles de livres entassés ça et là, il a aussi sa propre stéréo, son ex débarque bientôt sans prévenir, on découvre une Nathalie Portman magnifique, sublime en femme du monde, toute classieuse avec son cure-dent. On apprend qu'une femme aussi belle peut porter des chaussettes blanches sous ses bottes (halte aux bas nylons), une petite culotte en dentelle. Quant aux mots échangés sur le balcon, on n'en saura rien, un mystére à la lost in translation...

Ensuite défile un vrai générique de fin et commence le long métrage Darjeeling limited. Wes Anderson nous présente alors 3 fréres qui ne se sont pas vus depuis les funérailles de leur pére, réunis pour un voyage à portée spirituelle (visites de temples et  cérémonies au programme). Les 3 fréres sont 3 grands garçons plus ou moins bien dans leur peau, avec des problèmes de communication et de relation à autrui, l'aîné a tenté de se tuer en moto d'où les bandelettes, c'est Owen Wilson, le second va avoir un enfant mais ne sait pas comment gérer la situation, c'est Adrien Brody, le cadet Jason Schwartzman a du mal à terminer son histoire avec son ex (et se trimballe toujours pieds nus).

Il ne faut pas s'attendre à un documentaire détaillé sur l'inde, on ne voyage ici que partiellement, uniquement à bord du train darjeeling limited (seul train indien qui part à l'heure à en croire les occupants étrangers qui lui courent sans arrêt aprés), on note tout de même quelques réferences culturelles pour marquer l'exotisme, le train tout d'abord et ses décorations à fresque d'éléphants, son personnel et la citronnelle (sweet lime), les rues bondées à circulation difficile, les chauffeurs de taxi coiffés d'un turban et d'une longue barbe blanche, les vaches sacrées à préserver sur le chemin, les marchés-bazar et le commerce de serpents venimeux ... 

Revenons en à nos protagonistes, ces 3 fréres qui sont réunis par l'aîné comme pour fuire la vie, les plus jeunes ne sachant pas à quoi s'attendre du voyage, les retrouvailles sont plus ou moins joyeuses, vite tempérées quand le naturel reprend le dessus, l'aîné veut tout régenter,empruntant aux passages les tics de la mère absentes, ils feront des pactes enfantins, les briseront plus ou moins, ils ne seront vraiment liés que face à l'adversité une fois que le périple prendra une autre tournure que celle désirée au départ.

On note une trés bonne utilisation des ralentis, déjà dans hotêl chevalier (avec Nathalie Portman attendant fesses à l'air près de la stéréo, dévoilant un buste trés côtélé) et ensuite au moment d'un rite funéraire, où les 3 personnages défilent avec ce mouvement qui leur donne grâce et importance et qui rajoute au tableau une émotion palpable.

Certains s'offusqueront de l'omniprésence des bagages hérités du paternel, siglés de ses initiales JLW, ces sacs créént néanmoins une running joke permanente ( à la maniére du mini van dans little miss sunshine), ils demandent une logistique conséquente pour les transporter.

La fin est parfaite, les jeunes se débarassent enfin du passé, acceptent l'orphelinage (la mort du père en larguant les bagages pour rattraper le train et l'abandon de la mère) pour peut-être enfin grandir par eux-mêmes; on ne sait pas si ils se parlent toujours mais on l'espère. 

 

 

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