14.06.2008

La vida tombola

Kusturica ne s'est pas trompé, en faisant de Maradona un éniéme sujet de film, il ne s'égare pas. Le documentaire est certes très décousu, je n'apprendrais que dans So Foot qu'il a suivi l'argentin 2 ans avant de pouvoir l'interviewer, d'où ce garage sordide, apparement trop content d'avoir pû le faire parler après quelques biéres, il en profite pour le questionner. Au programme, on revoit bien sûr ses plus beaux buts pour la séléction argentine, dont la fameuse main de Dieu (sujet d'un véritable culte) qui a fait gagner en quart finale de Coupe du Monde 1986 (au Mexique) face à l'Angleterre 4 ans après la défaite dans la guerre des Malouines. Au passage, on révise quelques enjeux géopolitiques, son engagement pour Fidel Castro, contre Bush, pour une Amérique du Sud unie avec Chavez et Morales. Pas d'explications sur la frénésie rencontrée à Naples, il s'agirait du jubilé de Ferrara, un joueur de Naples ? En fait il y a toujours eu cette rivalité Nord/Sud en Italie, les clubs du Nord ayant de l'argent (la Juve, la roma, La lazio, l'inter et Milan ...) toujours vainqueurs, face à des clubs du Sud qui ne poussent pas loin en série A, Maradona aurait changé la donne à son époque, marquant les esprits, en offrant au SSC Napoli cette victoire face à l'arrogance, la révolte des pauvres ...

On voit beaucoup ses filles dont j'ai oublié le nom, et sa femme Claudia, brune à ses débuts, puis vite devenue blonde, (avec cette tendance Donatella Versace), Claudia l'a soutenue dans toutes ses épreuves, surtout la drogue. Un long sujet qu'il évoque entre 2 camions, la blonde en arriére plan, il reconnait ses errances, regrette d'avoir raté l'enfance de ses filles, d'avoir été là mais sans rien voir, de s'être pris des claques sans rien sentir, d'avoir touché le fond avec son overdose. Le discours classique d'un ex-cocaïnomane, qui lui donne ce côté rock-star-je-reviens-de-loin. Dans la séquence émotion, on reverra parallélement ses excuses au peuple argentin, "on peut faire des erreurs mais le football ne doit pas payer, j'ai fait des erreurs et j'ai payé, le ballon ne se salit pas". L'épisode FC Séville est balayé, sujet trop délicat, période de déclin, trop de mauvais souvenirs.

Tout au long du docu, Diego Armando grossit, maigrit, prend de la barbe, on se sait plus trop où on en est, où il en est, reste ces petits extraits de l'Eglise Mardonienne pour réchauffer les esprits (à voir absolument), Maradona est un dieu vivant, sa bio est devenu la bible de ce culte, lors des célébrations (sur un terrain de foot), la bénédiction se fait par dessus le ballon, tout un programme.

Au passage, on revoit (trop) ce fameux but de la main de Dieu, ad lib, l'amie qui m'accompagnait n'en pouvait plus, mais qu'est qu'on a ri pour le reste !

J'ai adoré la conclusion, sur cette rencontre avec Manu Chao dans les rues de Naples tournant le clip de La vida tombola (la chanson nous est resté dans la tête).

Par bonheur, j'ai retrouvé la fameuse chanson de la mano de dios, très populaire en Argentine, que Maradona chante dans le film, magnifico.

 

olé olé olé olé
Diego, Diego
olé olé olé olé
Diego, Diego
olé olé olé olé
Diego, Diego
olé olé olé olé
Diego, Diego
olé olé olé olé
diego diego

Y todo el pueblo cantó
Marado, Marado
la doce fue quien coreó
Marado, Marado
su sueño tenía una estrella
llena de gol y gambeta
y todo el pueblo cantó
Marado, Marado
nació la mano de Dios
Marado, Marado
sembró alegría en el pueblo
regó de gloria este suelo
regó de gloria este suelo
rego de gloria