19.10.2007

Have you ever been to electric Ladyland?

 

Crédit oeuvre: Gustave Courbet

Depuis samedi s'est ouvert une exposition au grand palais pour Gustave Courbet et les discussions fusaient sur ce tableau, l'origine du monde, qui avait bien sûr choqué à l'époque mais qui trouble encore les esprits de nos jours. Ce n'est pas à mon sens sa plus belle peinture, j'adore son enterrement à Ormans mais c'est de loin la plus sulfureuse et celle qui marque les mémoires.

Alors je vais jouer au jeu de "à quoi je pense" quand je vois ce tableau ...

Tout d'abord, je l'ai longtemps confondu avec une autre toile exposée à Orsay encore plus réaliste et encore plus intime ,elle interpelle plus par sa dimension plus anatomique qu'érotique, un petit cadre et un sexe féminin dessiné (ou peint). Elle me rappelle un de ces épisodes de sex and the city et ce peintre qui ne peignait plus que des femmes vues sous ce détail et une amie qui m'avait demandé "c'est quoi? ".

Ensuite, la réaction d'une femme, pourquoi la tête et les bras de la femme sont ils coupés ? Une symbolisation pour la phrase fétiche de Simone de Beauvoir, la femme est un trou ? Sachant que le tableau est une commande personnelle, l'absence de visage, permet au propriétaire une liberté totale d'imagination , du porno avant l'heure peut-être. Est-ce un portrait avant ou après l'amour? Avant, sûrement, elle a l'air d'apprendre, mais pour cela il faudrait encore voir l'expression su son visage.

Je pense aussi à quelque chose de drôle, cet homme interrogé sur france inter, qui reporte avoir déjà vu sa femme sous cette angle, cette dernière ayant accouché de 3 enfants. Si cet homme croit que c'était le seul moyen d'avoir cette vue, c'est triste, sa vie sexuelle ne me regarde pas mais quand même, l'exploration complète des sens de sa femme, c'est pas son rayon. Remarquez c'est aussi triste chez une femme, de ne s'être jamais vue, un manque cruel de curiosité.

Reste que l'origine du monde n'est pas le tableau le plus choquant au monde, pour cela il faudrait avoir vu les dessins de Egon Schiele pour comparer, quand les traits sont moches, on ne pense plus à la beauté d'une oeuvre mais à la laideur et la crudité du contenu ( érotique ou non).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

29.04.2007

Carmen

Je me suis rendue hier à l'exposition Carmen,Sol y sombra du musée Picasso de Paris. Nous entrons en premier lieu dans une petite piéce où sont réunis des cartes postales représentant toros, toreros, et femmes espagnoles. Elles font partie de la collection de Picasso quand il était enfant, déjà passionné de tauromachie et fasciné par les femmes. On observe une de ses créations, la carte postale brodée de la femme à la mantille.

Femme à la mantille.

carte postale brodée

Crédit/ Picasso

Imprégné du roman de Prosper Mérimée,mettant en scéne cette Carmen, femme fatale par excellence connue pour ses grands yeux noirs ("C'était une beauté étrange et sauvage, une figure qui étonnait d'abord, mais qu'on ne pouvait oublier. Ses yeux avaient une expression à la fois voluptueuse et farouche que je n'ai trouvée depuis à aucun regard humain".), il commence à représenter les femmes de sa vie avec ces mêmes attributs, mantille, fleurs, et évantail. Il dresse ainsi le portrait de sa première épouse, mère de son premier fils, Olga la ballerine russe.

Olga

Crédit peinture: Picasso

 Entre ses célébres portraits ( dont celui antérieur de la Célestine), sont exposés des extraits de son illustration du Carmen des Carmen, qui l'avait executé pour le livre de Mérimée avec la participation de Paul Aragon.

 Ensuite on pénétre dans l'univers de la minotauromachie, univers où se mélent le minotaure et des figures humaines, transposant la symétrie entre la mise à mort du toro dans l'arène et le meurtre de Carmen par Don José, rapprochés par ce regard, "je crois voir encore son grand oeil noir me regarder fixement, puis il devint trouble et se ferma".

Le minotaure, est le symbôle des surréalistes, d'ailleurs c'était le titre d'une revue de l'époque, qui allie la double nature de l'homme,sensuelle et rationnelle. Miroir mythologique des différentes facettes de l'égo artistique de Picasso, il est la projection de lui-même. "Si l'on marquait sur une carte tous les itinéraires par où je suis passé, et si on les reliait par un trait, cela figurerait peut-être un minotaure? " disait-il dans un entretien.

Picasso fusionne la mythologie avec la corrida qui l'aime tant, cette créature, musclée et vigoureuse, devient la victime, le représentant en fait lui-même dans sa vie de couple avec Olga qui se délite.

Mais il ne peint pas la corrida comme un simple spectacle de torture pour le toro, généralement il dessine des femmes toreros blessées, la mort de certains toreros également, jamais il ne représente la mise à mort, ne voulant pas achever un travail, lui enlever vie et âme, préferant le laisser à l'état dynamique, toujours en métamorphose.

 

 

Le repos du minotaure.

Femme et coupe de champagne

Crédit dessin: Picasso