02.05.2008
Temptation

Il y a un petit coin de paradis au coin de ta rue. Parfait pour occuper le regard en attendant que la feu passe au vert. Cet endroit est occupé par ton disquaire indépendant, il allie tes 2 principales passions, la musique et le genre masculin. Manquerais plus qu'il y ait du sable par terre et qu'il ait les lévres recouvertes de chocolat, ce serait parfait.
Pour bien commencer ou terminer un journée, j'adore y faire un tour avant d'aller courir, un sourire du disquaire et je suis heureuse. Mes dernieres visites avaient un objectif précis (autre que sexuel), acheter Oracular Spectacular (dans les bacs depuis lundi 28). Je lui ai d'abord demandé si il l'aurait, ce à quoi il avait répondu "bien sur, je le veux", "moi aussi je le veux" lui avais-je rétorqué.
Mardi, j'y suis passé avec une amie pour qu'elle en profite aussi, je me suis tournée vers les nouveautés, ça n'avait pas changé depuis dimanche, je me suis retournée vers son comptoir, il avait coupé ses cheveux (fini la méche folle), encore plus beau sourire, sans que je prononce un seul mot, il m'a dit qu'il n'avait pas encore MGMT mais qu'il voulait bien m'envoyer un mail pour me prévenir. Je me suis exécutée sans rechigner. Le lendemain, j'aurais mon "fini les écoutes sur Deezer, MGMT est arrivé". En sortant du travail, j'y ai couru en chantonnant kids en pensée. La boutique allait fermer, il était seul, me suis précipité vers le disque, il m'a demandé si j'avais bien reçu mon mail, il avait peur que ça ne fonctionne pas.
J'ai décidé à la minute où j'avais le disque en main, que je ne reviendrais pas avant longtemps. Je ne me rappelle même pas du visage du carabin avait qui j'ai passé la soirée du samedi (pourtant j'avais l'esprit clair), la seule image me revenant est celle du sourire du disquaire. Je refuse d'être inconstante.
13:14 Publié dans Nevermind | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tranche de vie
01.05.2008
Champagne supernova

Il y a des semaines qui commencent mal. Au hasard, par ton dernier examen, vite oublié par les responsabilités à l'hopital. Au paroxysme de la malchance, ta magnifique robe de soirée jamais portée (qui t'as coutée un demi salaire [pas d'affolement je gagne 1/5 de smic]) t'a lachée en lors d'un essayage (le poids des maux ?). Jeudi matin, pas de grasse mat, tu cours à la retouche la plus proche, les larmes aux yeux, tu la veux pour le samedi même, ils le feront. Et parce qu'une connerie n'arrive jamais seule, l'aprés-midi même, tu te piqueras en pleine extraction dentaire, te forçant à courir faire une prise de sang pour une sérologie VIH/ hépatite C-B. Que du bonheur...
Vient le grand soir, le rassemblement annuel des étudiants de ta fac, the place to be. Une méga union de coeurs/corps privés d'amour, où tu as la choix entre de l'étudiante saoule (ou pas), de l'étudiant saoul (ou pas), mélangé avec des profs (ou pas), le tout en tenue de cocktail (ou pas). La boisson est à choix unique, champagne! Parce qu'une vie sans champagnes, c'est un peu comme un champagne sans bulles, au mieux tu as un bon chardonnay, au pire de la piquette. La régle numéro un de la célibataire en chasse est d'être rayonnante, rapport aux coupes pour boire à l'oeil, voire plus si affinités. On y fait des rencontres improbables, par exemple, UN sage femme aux toilettes qui t'explique avec en bruit de fonds des vomissements, qu'une femme qui accouche est une femme qui accouche, qu'il ne regarde même plus, "c'est tellement beau de mettre au monde un enfant".
Régle numéro deux, circulate oozing intelligence. Tu restes sobre, rapport au fait qu'une fille bourrée, c'est pas classe, même si dixit le futur maybe, "oui, mais c'est plus facile". Il ajouteras plus tard "t'as une descente !". J'ai oublié de mentionner mon goût pour le champagne, surtout mélangé à des lévres masculines, un transfert de fluides que je décrirais sous le (doux) nom de baiser-champagne, soit boire une gorgée et l'échanger avec le partenaire. Je pense que la phrase qui résumera mieux la soirée est " chérie, tu es magnifique, mais c'est pas une raison de nous faire un bébé sur la piste". Rock and roll. Deal with it.
18:20 Publié dans We are all made of stars | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tranche de vie
23.04.2008
The world was a mess but his hair was perfect
Le matin de l'épreuve, mon coeur a palpité alors que chacun arrivait dans le hall. On ne faisait pas les fiers en s'installant dans la salle d'examen, la même que l'on avait quitté 2 semaines auparavant en partant en vacances, rien n'avait changé; l'odeur de la semaine était encore là, nos places étaient les mêmes. On percevait seulement une tension en plus, 6 copies à emmarger-lécher-coller, jamais on en avait eu autant d'un coup. On s'est exécutés mécaniquement, je ne me rappelle même pas du goût de la colle, plongée que j'étais dans mes pensées. A la distribution des sujets, j'étais en bradycardie, mes oreilles bourdonnaient, ma vision s'est troublée, j'ai crû que j'allais tomber mais ce n'était que passager, ne pouvant plus reculer, j'ai attaqué.
On pensait tous naïvement qu'on pousserait de grands cris de soulagement à la sortie, la réalité était tout autre, on n'est loin d'être libérés de notre derniére formalité, on a ressassé nos questions, nos réponses sont revenues par bouffées de chaleur, les divergences d'intérprétation aussi. La nuit ne sera pas salvatrice, j'ai attendu d'être trop fatiguée pour éviter de penser, d'autres se sont réveillés en sursaut revoyant par falsh leur copie au mot exact.
Je n'ai plus cette boule au ventre, je m'y empêche d'y penser mais c'est loin d'être un poids en moins, un calvaire de 3 semaines commence avant de savoir si oral ou pas oral.
J'ai horreur d'attendre une réponse, je n'ai AUCUNE patience.
09:45 Publié dans We are all made of stars | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tranche de vie
21.04.2008
Eternal woman
Du son, il y en a toujours eu dans ma vie. Beaucoup d'écoutes sont cycliques, éphéméres, temporaires. Mes disques ne voyagent pas, j'ai mes albums campagne; les irréductibles achetés avant le bac et ceux de la ville, achetés depuis. Les groupes correspondants n'ont pas la même consonnance. Alors que les premiers symbolisent l'insouciance du week-end, des vacances, les seconds me rappellent la vraie vie, les études, mes patients. Chaque disque a un souvenir rapporté, plus ou moins volontaire, un cd sorti juste avant une aventure, un autre sorti pendant la rupture, le cd composé à la façon des anciennes mix tape, le cd des derniéres révisions ...
Actuellement l'écoute d'eternal woman extrait du vantage point de dEUS cristallise à lui seul tous mes sentiments du moment. C'est simple à la premiére écoute du disque, je venais de rentrer de "vacances_révisions", je me retrouvais seule dans mon 19 m2 face à mes classeurs et l'échéance qui approche, je n'ai pû m'empêcher de glisser une larme face à la beauté mélancolique de la chanson. Eternal woman symbolise ma boule au ventre, mon drôle de goût dans la bouche (à jeun ou non), goût symptomatique d'une appréhension latente, normalement temporaire à son paroxysme à la distribution des sujets, là elle dure éternellement, toujours présente, s'interrompt quand je suis au téléphone, avec les compagnons de galére, qui reprend de plus belle quand la nuit s'arrête, que le réveil sonne, que les minutes de l'heure de pause défilent sans qu'on en profite, que la conversation s'arrête.
Mon malaise a un nom, un hymne, je suis tendue comme un slip.
09:31 Publié dans We are all made of stars | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tranche de vie









